YOUNG YAKUZA

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YOUNG YAKUZA

Message  jimmyolsen le Ven 16 Mai - 19:20:05



Pour réaliser ce documentaire, présenté en sélection officielle hors compétition au Festival de Cannes 2007, Jean-Pierre Limosin a suivi pendant un an et demi le parcours de Naoki, jeune homme désoeuvré et quasi délinquant confié par sa mère au gang yakuza Inagawa-kaï.

Lorsque son placement est discuté avec un ami de la famille, il n'est pas question de crime, racket ni trafic, mais de l'opportunité de faire de Naoki un homme, de l'éduquer, de lui apprendre les valeurs que la société n'inculque plus aux jeunes.

Ainsi fait-on la connaissance de M. Kumagai, son parrain. On s'étonne au début de voir Kumagai, hors-la-loi notoire, expliquer devant la caméra la raison d'être des bandes criminelles, leurs valeurs. Mais il s'agit bien d'un chef de clan, dont Jean-Pierre Limosin a su gagner la confiance.

"Il avait plusieurs motivations", se souvient le réalisateur dans un entretien à l'AFP, "d'une part une stratégie personnelle de prise de pouvoir. Il m'avait fait rencontrer le petit-fils du fondateur de ce syndicat du crime. On était en période d'élections, il comptait sur ce film pour sa promotion".

"Mais c'est aussi un idéaliste, et il était persuadé d'être dans la bonne voie, et que la filiation symbolique avec Naoki allait bien se passer", raconte Limosin.

Des activités criminelles du clan, ce dernier ne montre rien, en vertu de l'accord passé avec Kumagai, mais plutôt "le quotidien, la banalité". La façade de respectabilité du clan fournit largement de la matière. Pas de coups de feu, mais des plans longs sur le méticuleux rituel du thé, par lequel passent tous les jeunes pour prendre le pli.

On nage dès le début dans le paradoxe qui caractérise les films consacrés aux criminels, à la Mafia en particulier. Les mêmes hommes qui font peu de cas de la morale commune ne parlent que codes et valeurs, encensent l'honneur et le courage. L'ambivalence des personnages semble d'ailleurs faite pour le cinéma.

C'est le cas de Kumagai, qui disserte sur les valeurs d'antan et leur désaffection, le plus souvent grave, parfois avec humour. Coup du sort, le scénario qu'il avait envisagé va sortir des rails. Ses rêves de promotion échouent, il est dégradé. Naoki, lui, se détourne de la structure, préférant le temps libre et le hip-hop.

"Là, en plein documentaire, nous nous sommes retrouvés ballottés par le réel, entre la fuite de Naoki et la déchéance de Kumagai, se rappelle Limosin. Au point de craindre de devoir mettre fin au film ? Ou pire ? "Ces hommes-là, quand ils vous ont donné leur parole, vont jusqu'au bout, même s'ils prennent des coups", assure-t-il.
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