LES METHODES ILLEGALES DE LA POLICE CHINOISE

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LES METHODES ILLEGALES DE LA POLICE CHINOISE

Message  thierry.F le Mar 23 Déc - 20:17:25



La fin de la période olympique a provoqué une recrudescence du phénomène « shangfang » ou « pétitionnaires » qui désignent les personnes dont les droits ont été bafoués dans leur localité d'origine et qui viennent déposer une plainte dans la capitale.
Ce phénomène n'a pas cessé de prendre de l'ampleur pendant les deux dernières décennies, pourtant leur chance d'aboutir à une solution à Pékin est minime : moins de 5 % des plaintes déposées sont résolues.
Certains, à bout de ressources, n'ont même plus de quoi payer leur voyage de retour, d'autres ont peur de subir des représailles chez eux. Alors ils s'établissent à Pékin : le village des plaignants, dans le Sud-Est de la ville a compté jusqu'à 30 000 occupants en 2005.
Mais avec la préparation des JO, la politique envers les plaignants s'est durcie.
En septembre 2007, le village a été rasé pour faire de la place à la nouvelle gare du Sud et ses habitants chassés.
Le 5 octobre, Xu Zhiyong, professeur de droit et député indépendant de l'arrondissement de Haidian, reçoit l'appel en détresse d'une plaignante originaire du Henan.
Elle lui apprend qu'elle est détenue dans un hôtel à proximité du parc Taoranting. Comme il le relate sur son blog, il s'y rendra par trois fois pour tenter de la faire sortir et subira à chaque fois des coups et intimidations des nervis chargés de surveiller les personnes séquestrées.
De son côté, le site chinois basé à l'étranger « China human rights defenders » a répertorié plusieurs centres de détention clandestins de ce type disséminés dans Pékin et sa banlieue.
Les provinces ont toutes des « bureaux de liaison » dans la capitale, qui sont au cœur de ce système de rapatriement forcé. Le personnel de ces bureaux repère d'abord les plaignants à proximité des bureaux de plaintes et les embarque de force dans une de ces prisons informelles.
Ils y séjournent en général quelques jours en attendant qu'un officiel de leur localité vienne les récupérer. Rentrés dans leur province, nul ne sait le sort qui les attend.
Selon plusieurs témoignages, les conditions de détention y sont abominables : les coups pleuvent, les gens sont entassés sans aucun souci d'hygiène et la nourriture se limite au strict minimum.
Auparavant, des structures étatiques, les « Centres de détention et de rapatriement » jouaient le même rôle, jusqu'à « l'affaire Sun Zhigang » en 2003.
Sun Zhigang était un brillant étudiant issu du monde rural. Arrêté un soir par la police à Canton sans le permis de résidence réglementaire, il est détenu dans un de ces centres où il trouve la mort sous les coups des policiers.
Ces prisons secrètes les remplaceraient donc.
Outre celle dénoncée par Xu, il en existerait une dizaine d'autres dans Pékin, situées soit dans des hôtels de basse catégorie, soit dans les bureaux de liaison des provinces. Des centres plus importants, mais tout aussi illégaux ont été signalés également en banlieue.
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