Ouzbékistan

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Ouzbékistan

Message  thierry.F le Mar 23 Déc - 20:26:52



La République d'Ouzbékistan (O'zbekiston Respublikasi en ouzbek, Республика Узбекистан en russe) est un pays d'Asie centrale de près de 27 millions d'habitants, ancienne république soviétique, un État indépendant depuis le 31 août 1991, entouré par le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Afghanistan et le Turkménistan. Sa capitale est Tachkent, une métropole de 2,3 millions d'habitants.
Tout au long de son histoire, le territoire de l'actuel Ouzbékistan fut la plupart du temps dominé par les grands empires environnants de Perses, Grecs, Arabes, Mongols ou Russes pour devenir un État à part entière en 1991.
Les premières civilisations apparues en Ouzbékistan furent en Sogdiane, Bactriane et Khwarezm (Chorasmia). Au VIe siècle av. J.-C., ces États devinrent des parties de l'empire perse des Achéménides.
Le pays fut pris par Alexandre le Grand en 327 av. J.-C., alors qu'il mena campagne contre Darius III. Cette conquête mit fin à la dynastie des Achéménides.
Entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle après J.-C., la Sogdiane et la Bactriane tombent dans les mains du royaume gréco-bactrien, des peuples nomades des Yuezhi, des Scythes, des Parthes ou encore des Koutchéens bouddhistes. Sous ces derniers, la ville sogdiane de Samarcande devient une plaque tournante de la Grande route de la soie entre la Chine et l'Europe.
Par la suite, entre le IIe et le VIe siècles, l'actuel Ouzbékistan se retrouve en possession des Sassanides perses, puis des Huns blancs venus des confins de la Chine.
L'Ouzbékistan est occupé par des Turcs (Köktürks) entre le VIe et le VIIIe siècles.
Les arabes, menés par les troupes du général Qutayba ibn Muslim conquirent l'actuel Ouzbékistan vers 712 dont le contrôle fut consolidé suite à la Bataille de Talas. Ils instaurent l'islam auprès des peuples centrasiatiques pratiquant alors le zoroastrisme.
Les Samanides furent la première dynastie perse à reprendre le pouvoir en Ouzbékistan entre 819 et 1005 après la conquête arabe.
La dynastie turque des Qarakhanides, ancêtres des Ouzbeks modernes, a régné sur l'actuel Ouzbékistan de la fin du IXe siècle jusqu'en 1212.
Le grand conquérant mongol Gengis Khan a pris Samarkand en 1220 en renversant les Khwârazm-Shahs dont le règne fut de très courte durée. Il légua ensuite le pays de Ma wara'un-Nahr à son deuxième fils, Tchagataï.

Tamerlan (1336-1405), aussi appelé Amir Timour, descendant de Gengis Khan, né près de Samarkand, a bâti un vaste empire incluant plusieurs pays de l'Asie centrale dont l'Ouzbékistan. Son empire tomba en 1507 aux mains des Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides. Tamerlan a laissé après lui de grandes réalisations culturelles, artistiques et scientifiques, principalement à Samarcande et à Hérat. Le XVe siècle fut appelé Renaissance timouride, en particulier sous les règnes de Shah Rukh, d'Oulough Beg et de Husayn Bayqara.
Les Chaybanides, dynastie musulmane mongole, se réunissent dans l'actuel Ouzbékistan en 1429 sous un nom d'ulus (khanat) Ouzbek. C'est la première fois que le nom "ouzbek" apparaît dans l'histoire, il tient du nom d'Özbeg, prince mongol du XIIIe siècle qui implanta l'islam au sein de la Horde d'Or.
Les Russes apparaissent dans la région à la fin du XIXe siècle, après une victoire fulgurante des troupes du général Mikhaïl Tcherniaïev. Ils soumettent d'abord en 1884 les khanats de Boukhara et de Khiva, et ensuite l'est de l'actuel Ouzbékistan, incluant Tachkent (1865). Les territoires conquis furent regroupés dans un ensemble administratif appelé Turkestan. En mars 1876, le Khanat de Kokand tombe à son tour dans les mains des russes.
L'Ouzbékistan en tant que république et en tant que nation unique et distincte n'existe que depuis le 27 octobre 1924, quand diverses entités territoriales dans l'Asie centrale furent réunies dans la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan. En 1925, l'Ouzbékistan intègre l'URSS.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ouzbékistan a accueilli plusieurs centaines de milliers de familles soviétiques fuyant l'invasion hitlérienne à l'ouest, dont de multiples orphelins de guerre, ce qui accéléra la russification de la république, surtout la capitale Tachkent. Une partie des industries lourdes de la partie européenne de l'URSS y a également été évacuée. Ces usines sont restées en Ouzbékistan après la guerre, contribuant à l'industrialisation de la république.
Un phénomène qui a largement façonné l'histoire de l'Ouzbékistan dans les années 60-80 fut le développement intensif de la culture du coton. Sous la pression de Moscou qui incitait à produire de plus en plus de coton, les dirigeants ouzbeks ont développé un système de falsifications des statistiques. Le dirigeant ouzbek de l'époque, Charaf Rachidov et son entourage furent impliqués dans l'affaire du coton imaginaire qui leur a procuré des gains en or (on parlait à l'époque d'une "Mafia du coton" ou "Mafia ouzbèke"). Malgré l'ampleur de cette affaire, Charaf Rachidov est apprécié par l'actuel pouvoir ouzbek comme un dirigeant qui a beaucoup investi dans le développement de la république et qui a pu obtenir de Moscou une certaine autonomie.
Depuis 1990, le pays est gouverné par le président autoritaire, Islom Karimov. Suite à l'échec de la signature d'un nouvel accord constituant une URSS rénovée dont il a été un fervent défenseur, le 31 août 1991 l'Ouzbékistan déclare l'indépendance.
Durant les premières années d'indépendance, le gouvernement ouzbek se consolide sous une étroite tutelle présidentielle. Le nouveau pays renforce sa présence sur la scène internationale, adhère à l'ONU et à d'autres grandes organisations internationales, ouvre des liaisons aériennes directes avec plusieurs pays, entame des grands travaux de reconstruction urbaine et routière, adopte des mesures accueillantes pour les investisseurs étrangers.
Sous la présidence de Karimov, tous les partis d'opposition (dont les plus influents sont Erk (Volonté) et Birlik (Unité)) furent interdits, le moindre courant dissident - réprimé. Les médias et tous les aspects de la vie sociale, politico-économique et même culturelle se trouvent sous une étroite tutelle et censure de l'appareil d'État. En 1999 et 2004 le pays subit les vagues d'attentats terroristes attribués aux islamistes radicaux. Le 13 mai 2005 le gouvernement ouzbek réprime dans le sang une insurrection populaire dans la ville d'Andijan.

La Constitution du 8 décembre 1992 a institué un régime de type présidentiel, avec un Parlement devenu bicaméral fin 2004 (Olii Majlis et Sénat). L'Ouzbékistan a un régime présidentiel fort.
Les principaux membres du pouvoir exécutif sont le :
Président de la République : Islom Karimov (depuis mars 1990)
Premier Ministre : Shavkat Mirziyoyev (nommé en décembre 2003)
Ministre des Affaires Etrangères : Vladimir Norov
Le 23 décembre 2007 le président Karimov a été à nouveau élu pour 7 ans. En dépit des dispositions de la Constitution lui interdisant de briguer plus de 2 mandats consécutifs, par un jeu subtil d'interprétations, il a ainsi pu s'assurer de rester à la tête de l'état ouzbek pour plus de 25 ans.
La République d'Ouzbékistan est membre de l'ONU, de l'OSCE, de l'UNESCO, de l'OMS, de l'Organisation mondiale du tourisme, etc. Le 21 décembre 1991 Ouzbékistan devient membre adhérent à la Communauté des États indépendants, regroupant 12 des 15 anciennes républiques de l'URSS. Depuis le 27 janvier 2006 elle fait partie de la Communauté économique eurasienne, et depuis le 15 août 2006, membre de l'Organisation du Traité de sécurité collective, signe de rapprochement avec Moscou.
165 États ont reconnu l'Ouzbékistan, dont 103 ont établi des rapports diplomatiques avec lui. Plus de quarante missions diplomatiques exercent leurs fonctions à Tachkent.

L’Ouzbékistan est le pays d’Asie centrale le plus peuplé (près de 26 millions d’habitants). Les Ouzbeks ethniques, peuple de langue turque, constituent officiellement près de 80 % de la population. Les russes ethniques représentent la minorité la plus importante avec 6 % (en constante diminution depuis le milieu des années 80). Les autres minorités sont constituées par les Tadjiks 5,5 %, les Kazakhs 4 %, les Tatars 4 %, les Karakalpaks 1,9 %, les Coréens 1,1 %, ainsi que les Kirghizes et les Turcs meskhètes. L’essentiel de la minorité russe vit à Tachkent et dans les autres centres industriels. Les Tadjiks sont concentrés dans les cités historiques de Boukhara et Samarcande. Les Karakalpaks résident principalement dans la république autonome du Karakalpakistan. Cependant, divers rapports (notamment de spécialistes basés aux États-Unis et en Europe) affirment que la minorité Tadjike est beaucoup plus présente en Ouzbékistan que cela n'est officiellement admis.
La langue officielle du pays est l’ouzbek, parlée par 17 millions de personnes dans le pays (65,6 % de la population). Le russe, principalement à Tachkent et dans les grandes villes, reste une langue importante de communication. Les langues tadjike et karakalpake sont également largement utilisées localement.
La religion musulmane (de rite sunnite) est majoritaire (près de 90 % de la population) en Ouzbékistan. Les autres religions représentées sont l’orthodoxie (9 %), le judaïsme, le luthérianisme, le catholicisme et l’église baptiste. Le pays est officiellement laïc.
37% de la population ouzbek vit dans les villes, 63% à la campagne. Elle est essentiellement jeune, la population en âge de travailler représente seulement 54% du total (plus 7% de retraités).
Données démographiques :
Croissance démographique : 1,65 % (estimations 2004)
Espérance de vie : 64 ans
Taux d’alphabétisation : 99,3 %
Indice de développement humain (Classement ONU) : 107e

L'Ouzbékistan est un pays agro-industriel. 38% de la population active est occupée dans l'agriculture majoritairement irriguée (cultures du coton, des fruits, des primeurs, du riz, de la luzerne, des vignes ou encore des céréales fourragères, élevage ovin et bovin et sériciculture).
Le pays dispose également d'importantes richesses minières (gaz naturel, uranium, cuivre, pétrole) ce qui contribua à l'industrialisation du pays dans l'après-guerre et a totalisé récemment une bonne partie des investissements étrangers dans les secteurs de l'extraction minière, du raffinage du pétrole ou encore de la machinerie agricole et de l'assemblage de voitures.
Dès l’indépendance, le président Karimov a fait le choix d’une stratégie de réforme graduelle visant notamment à atteindre l’autosuffisance énergétique et alimentaire du pays. Cependant, la croissance économique reste soumise à des fluctuations régulières. Tributaire des recettes d’exportation (coton et or pour une large part), le développement de l’économie ouzbèke a été freiné par les résultats en demi-teinte de la récolte du coton dont l’Ouzbékistan est le 4e producteur mondial.
De plus, sans véritable stratégie de réformes, les autorités du pays ont multiplié les faux pas (comme, par exemple dans le domaine des changes, ayant refusé la convertibilité de la monnaie nationale jusqu'en 2003) et des actions restrictives et dirigistes envers les petites et moyennes entreprises, ce qui entraîna une stagnation dans le milieu des affaires. Seulement le petit commerce de rue et les entreprises ayant le droit privilégié de faires les opérations d'importation ont pu prospérer tandis que le tissu économique général resta de facto soit étatique, soit sous une forte emprise de l'État. On notera également une forte emprise sur les nouveaux secteurs économiques à haute valeur ajoutée, surtout dans la capitale Tachkent, exercée par la fille du président Karimov, Goulnora.

La situation économique de l’Ouzbékistan reste en effet fragile : l’adoption de la libre convertibilité de la monnaie nationale en octobre 2003 devrait cependant créer un environnement beaucoup plus favorable aux investissements étrangers. Certains résultats macroéconomiques positifs sont à noter (inflation et dévaluation de la monnaie relativement maîtrisées notamment). Le réchauffement politique avec la Russie, entamé en 2005, a eu pour résultat les investissements massifs des compagnies russes sur le sol ouzbek (dans le domaine de l'énergie, des télécommunications, de l'aviation civile ou encore de l'agroalimentaire), ainsi que la hausse substantielle des échanges commerciaux bilatéraux (3 milliards de dollars en 2006, +42% par rapport à 2005).
Toutefois, Tachkent hésite à aller de l’avant dans le domaine des privatisations du secteur agricole qui représente toujours 1/3 du PIB et de la population active. En fait, le gouvernement retarde une véritable libéralisation de l’économie par crainte de ses conséquences sur un tissu social déjà fortement dégradé (27 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et les revenus moyens sont à la baisse depuis 1997) et pour préserver les intérêts de quelques acteurs économiques influents, proches des élites au pouvoir. L’offensive maladroite, à partir de l’été 2004, contre l’économie informelle a été à l’origine d’importants remous sociaux.

Données économiques :
PIB (2003) : 16 milliards de dollars
PIB par habitant (2003) : 1 700 dollars
Taux de croissance (2004) : 7,5 %
Balance commerciale : 1 milliard de dollars
Principaux clients : CEI : Russie 16,7 %, Ukraine 4,7%, Kazakhstan 3,1 %, Autres : Suisse 8,3 %, Grande Bretagne 7,2 % Corée 3,3 %, France 2,3 %,
Principaux fournisseurs : CEI : Russie 15,8 %, Kazakhstan 7,3%, Ukraine 6,1 %, Autres : Corée 9,8 %, États-Unis 8,7 %, Allemagne 8,6 %, France 2,9 %
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 38 %
industrie : 26,3 %
services : 35 %
Monnaie (depuis 1994) : le sum ouzbek (UZS) = 100 tiyin.

Bibliographie
Энциклопедический Словарь Брокгауза и Ефрона (Encyclopédie Brockhaus et Efron). St-Petersbourg, 1887-1907.
Большая советская энциклопедия (Grande encyclopédie soviétique). Moscou, 1969-1978
Anthologie de la poésie d'Ouzbekistan, 2 vol., Edition de Jean-Pierre Balpe et Hamid Ismailov, 2008 (sous la direction editoriale de Jacqueline Farmer)
1. Les mers intérieures (Aral et Caspienne) n'étant pas des mers ouvertes, elles ne sont évidemment pas prises en compte dans l'océan mondial.
2. Article de Ferghana.ru
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