OBJECTIF MARS

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OBJECTIF MARS

Message  jimmyolsen le Sam 31 Mai - 11:37:07



Les Américains ont apparemment décidé d'étudier sérieusement la planète rouge. Le 26 mai, la sonde Phoenix de la NASA s'est posée avec succès dans la région du pôle Nord de Mars et a déjà fait savoir, par des photographies transmises à sa "maman", le Laboratoire de propulsion à réaction (JPL) en Californie, qu'elle se portait bien. Naturellement, cela réjouit la NASA. L'atterrissage sans accroc de la sonde sur le sol martien est déjà une réussite inédite. Effectivement, sur 15 tentatives, cette dernière est seulement la sixième qui se solde par un succès.

Pourquoi les Américains ont-ils eu besoin d'effectuer une nouvelle mission d'engins automatiques sur Mars? La NASA espère probablement y trouver des micro-organismes ou, au moins, pouvoir confirmer l'existence dans un passé lointain de sources d'eau sur cette planète. Dans ce cas, l'hypothèse de la présence à un moment donné d'une forme de vie sur Mars prendrait tout son sens. C'est ce qui rend l'expérience unique.

Les photos transmises par les deux engins à longue durée de vie Spirit et Opportunity, lancés par la NASA il y a 4 ans, témoignent que l'eau et l'activité naturelle qui en découle ont un jour existé sur la surface de Mars.

Depuis, les deux sondes parcourent inlassablement le sol de cette planète, en fournissant des données exceptionnelles aux scientifiques. A propos, même les employés du JPL ont peine à croire au succès de ces engins qui n'étaient destinés à fonctionner à plein régime que trois mois. Mais l'excellente qualité du corps et des logiciels de ces robots leur ont permis non seulement de résister aux conditions difficiles de la surface de Mars, mais aussi de choisir eux-mêmes le régime optimal de travail.

A voir tous ces succès martiens, on se demande bien évidemment où en est le principal concurrent/partenaire spatial des Américains dans ce domaine particulier.

Sur onze tentatives d'organiser des missions d'exploration automatisées de Mars en URSS et dans la nouvelle Russie, aucune n'a été menée à bien: soit les engins n'ont pas atteint la planète rouge, soit ils ont cessé de fonctionner aussitôt après leur atterrissage.

L'ombre de Mars a fait sa réapparition sur l'horizon de l'astronautique russe en 2004, aussitôt après la déclaration du président George W. Bush selon laquelle les Etats-Unis devaient revenir sur la Lune et réaliser une mission habitée sur la planète rouge. Les débats houleux sur l'utilité ou non d'effectuer des tentatives d'atterrissage sur Mars, aussi onéreuses qu'incertaines, n'ont pas cessé depuis en Russie.

Il faut souligner que Roskosmos (Agence fédérale spatiale russe) n'a aucun programme martien précis. D'ailleurs, cela peut s'avérer positif dans un certain sens. La Russie applique actuellement le Programme spatial fédéral pour 2006-2015 qui ne prévoit aucune recherche poussée sur l'axe martien.

Cependant, les dirigeants de Roskosmos ont maintes fois déclaré que des vols habités vers Mars seraient obligatoirement effectués après 2030-2035. A cette fin, le projet Mars-500 largement médiatisé et qui prévoit le séjour de volontaires dans un module spécial imitant les conditions d'un vol spatial prolongé (520 jours pour cette expérience) sera lancé l'année prochaine. Dans le cadre de ce projet, des études sur le comportement de l'organisme humain dans des conditions de séjour prolongé dans un espace isolé à faible concentration en oxygène se sont achevées fin mai à l'Institut russe des problèmes médico-biologiques.

En outre, selon de multiples déclarations des représentants officiels de l'astronautique russe, un plan de mission martienne habitée est depuis longtemps déjà élaboré. Ainsi, Vitali Lopota, dirigeant de la corporation RKK Energuia, évoque en ces termes le projet martien élaboré au sein de sa structure:

"Le complexe comportera un vaisseau orbital interplanétaire, une remorque motorisée et un système de décollage et d'atterrissage. Le complexe de la mission interplanétaire, une navette d'une masse d'environ 500 tonnes et d'une longévité d'une quinzaine d'années, doit être assemblé et testé sur une orbite circumterrestre. Son équipage sera composé de 4 à 6 personnes. La durée du vol vers la planète rouge est d'environ 900 jours. 2 à 3 membres de l'équipage descendront sur sa surface et y travailleront jusqu'à un mois", a expliqué M. Lopota en février dernier dans une interview donnée au quotidien Rossiïskaïa gazeta.

Tout cela est très bien. Notons cependant que même les Américains ne savent pas encore quand ils organiseront un vol vers Mars. Bien plus, je n'ai même rien entendu sur l'existence aux Etats-Unis d'un plan concret pour une telle mission.

Pourtant, ce sont bien leurs appareils qui sondent obstinément le sol de la planète rouge en battant tous les records de longévité imaginables. Qu'est-ce qui empêche les Russes de mettre au point, parallèlement aux projets les plus ambitieux, un engin automatique et de l'envoyer sur Mars? L'argent? Plus précisément, le manque d'argent? Point du tout.

Il faut préciser que le programme américain dans le cadre duquel ont été envoyées les deux increvables sondes martiennes pèse 1,5 milliard de dollars. Il s'agit pour le budget spatial russe d'une somme considérable, mais qui reste acceptable. Sans parler même des 420 millions de dollars supplémentaires investis dans le programme Phoenix.

En somme, peut-être qu'une mission simple, mais réelle, d'envoi d'un engin automatique sur Mars vaut mieux que tous les plans actuellement illusoires de futurs vols habités.
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