LES DERNIERES NOUVELLES DU NORD STREAM

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LES DERNIERES NOUVELLES DU NORD STREAM

Message  jimmyolsen le Sam 7 Juin - 11:18:43



Une rencontre des parties concernées par la construction du gazoduc nord-européen (Nord Stream) qui doit passer par le fond de la mer Baltique s'est tenue les 29 et 30 mai à Moscou, dans les locaux du ministère des Ressources naturelles. Cette rencontre a rassemblé la Russie et l'Allemagne, initiateurs du projet, les Etats riverains de la mer Baltique dont les zones économiques seront traversées par le gazoduc (la Pologne, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie), ainsi que le Danemark, la Suède, la Finlande et les membres du HELCOM (Commission d'Helsinki pour la protection de l'environnement marin de la mer Baltique).
Le thème de la réunion était très concret: le bien-fondé écologique du projet Nord Stream dans l'optique de la Convention d'Espoo (sur l'évaluation de l'impact sur l'environnement dans un contexte transfrontalier). Il est impossible de ne pas prêter attention à la nouvelle vague de critiques acerbes à l'égard du projet. Certains pays européens se sont littéralement révoltés en protestant contre sa mise en oeuvre, en mettant en doute sa fiabilité technique, la sécurité écologique du gazoduc et, en général, son utilité.
Concernant ce dernier point, il est difficile de partager cet avis. Le Nord Stream sera une nouvelle source d'énergie importante pour l'Europe, c'est pourquoi "le jeu en vaut la chandelle", et ce, aussi bien pour le fournisseur que pour les destinataires. Le premier (Russie) bénéficiera d'une route commerciale supplémentaire pour ses ressources naturelles, les seconds (Europe) recevront, pendant une période déterminée, une sérieuse garantie quant à leur avenir énergétique.
Rappelons certains détails du projet: lorsque le gazoduc atteindra le rendement prévu, il pourra transporter 55 milliards de mètres cubes de combustible bleu par an. Selon les conditions de l'accord intervenu entre les partenaires - le russe Gazprom et les allemands BASF et E.ON - le tracé comprendra deux tubes. En fait, il s'agira d'une ramification du tuyau d'un rendement plus important qui part du gisement Ioujno-Rousskoïe, dans la péninsule de Iamal, principale source d'approvisionnement du Nord Stream. Après un secteur terrestre de 600 km à travers les régions russes de Vologda et de Leningrad, le gazoduc entrera dans le bassin de la Baltique au niveau d'une station de compression côtière située dans la baie de Portovaïa, près de Vyborg (dans les environs de Saint-Pétersbourg). Après un parcours de 1.189 km sur le fond de la mer, les tuyaux ressortiront sur le littoral allemand, dans la région du port de Greifswald.
Ceux qui suivent l'évolution du projet ne manqueront pas de constater que seul le tracé terrestre est actuellement en cours de construction. La cérémonie officielle qui a donné le coup d'envoi à ce gigantesque chantier s'est tenue le 9 décembre 2005. Pour l'instant, une multitude de scandales politiques et de débats écologiques empêchent de poser les tubes. La rencontre des "parties concernées" qui a eu lieu à Moscou n'est qu'un pas vers le règlement de cette situation.
On ne peut que s'étonner qu'une tentative de s'entendre, de trouver un consensus entre les parties intéressées soit entreprise pas moins de 2 ans et demi après le lancement en grande pompe du projet. Il aurait été bien plus logique de mener tous les pourparlers nécessaires et de parvenir à un accord dès le début, avant même d'énoncer cette idée ambitieuse. Comme on le sait, une organisation irréfléchie peut faire capoter n'importe quelle affaire, même la plus brillante. Et il est bien évident que c'est la raison pour laquelle les auteurs du projet Nord Stream (Russie et Allemagne) se trouvent dans une situation aussi embarrassante.
"Il était parfaitement évident que le projet rencontrerait une résistance de la part des pays baltes. La construction du gazoduc piétine à cause d'erreurs commises dès le début, lors de l'organisation du projet, a expliqué à RIA Novosti Lev Merkline de l'Institut d'océanologie de l'Académie des sciences de Russie. Je ne crois pas qu'il soit possible de régler le problème d'emblée. Le fait est que les "points sensibles" de ce chantier n'ont pas été abordés avec l'ensemble des pays baltes. Ce projet est exceptionnel, mais les recherches ont été effectuées d'après des notions standardisées". Lev Merkline estime que "les spécialistes ont soumis aux hommes politiques un dossier qui n'a pas été préparé comme il se doit". Les opérateurs auraient dû discuter avec tous les pays dont les intérêts sont touchés par le projet.
Les tuyaux d'acier du gazoduc ne pourront être descendus dans la mer sans l'accord collectif de tous les Etats concernés. Naturellement, tous veulent y gagner. Et à ce petit jeu, c'est l'écologie qui sert de monnaie d'échange, car il n'y a aucun autre litige: tout le monde comprend l'utilité objective de la source supplémentaire d'énergie que ce gazoduc représente pour l'Europe. Mais chaque écologiste peut facilement avancer ses arguments, surtout concernant la Baltique.
La mer Baltique est le point le plus "sensible" de l'Europe. Le million de tonnes d'armes chimiques qui y fut immergé sur décision des pays de la coalition antihitlérienne est une plaie toujours béante. Les Alliés n'avaient pas trouvé d'autre endroit convenable pour cela. Mais c'est un sujet qui mérite un débat à part. En ce qui concerne l'aspect technique du projet de gazoduc, les technologies modernes assurent la possibilité d'agir prudemment et correctement, en évitant tout problème lié aux endroits où sont enfouies des armes.
A présent, il ne reste rien d'autre à faire que de corriger l'erreur commise au cours de l'organisation du projet. Moscou espère que la présidence russe du HELCOM qui débutera en juillet prochain (il sera présidé par Igor Maïdanov, directeur du département de coopération internationale du ministère des Ressources naturelles) contribuera au règlement du problème.
La commission d'Helsinki est le principal instrument qui pourrait aider à redresser la situation en faisant preuve de patience, de respect et en tenant compte de la position des différents partenaires. Quitte à faire des concessions et à investir de nouveaux moyens dans des études géologiques.
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savais pas

Message  flibusti le Lun 9 Juin - 14:17:47

je ne savais pas que le projet de gazoduc russo-européen s'appelait comme ça. ce que cet article me pose comme question, c'est de savoir si nous n'allons pas être bientôt dépendant de la Russie qui a de plus en plus une volonté de dominer le continent européen.

flibusti
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