LA MINE DE MERZLOTA

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LA MINE DE MERZLOTA

Message  jimmyolsen le Mer 30 Avr - 20:23:16

La "mine climatique" de la merzlota risque-t-elle d'exploser?

La perspective de la fonte de la merzlota (terme russe pour définir le pergélisol) qui occupe une partie considérable du territoire de la Russie est épouvantable. La presse et les milieux scientifiques présentent assez souvent des "scénarios macabres" présageant une catastrophe écologique suite à l'inévitable émission de millions de tonnes de méthane dans l'atmosphère. Mais à quel point ces prévisions "d'attaque de méthane" dans l'atmosphère sont-elles argumentées?
Des émissions de méthane par la toundra (steppe de la zone arctique) et les lacs arctiques ont été observées au cours d'explorations dans ces régions. Mais une question cruciale se pose: ce processus peut-il changer substantiellement la concentration globale de méthane dans l'atmosphère?
Le méthane est un des principaux gaz à effet de serre dont l'impact sur le réchauffement de l'atmosphère de la Terre est 25 fois plus grand que celui de gaz carbonique. Mais sa concentration dans l'atmosphère est 210 fois moindre, c'est pourquoi son impact sur l'effet de serre actuel ne correspond qu'à 12% de la part du C02.
Par rapport à la période préindustrielle de la civilisation (jusqu'à 1750), au XXe siècle, la concentration en méthane dans l'atmosphère s'est accrue de 50%. Son augmentation rapide a suscité des craintes quant au fait que ce processus ne soit stimulé par le réchauffement global. Cela peut provoquer un "lien rétroactif" dangereux: plus le réchauffement est grand et plus les émissions de méthane sont importantes qui, à leur tour, stimulent encore plus le réchauffement.
Selon une opinion répandue, ces "liens rétroactifs" apparaissent dans les systèmes terrestres et continentaux de l'Arctique lors de la fonte du pergélisol. D'où la thèse, selon laquelle la zone de merzlota de la Russie représente une "mine climatique" capable d'exploser et "d'étouffer" l'atmosphère.
Deux mécanismes possibles d'intensification des émissions du méthane en Arctique sont de plus en plus souvent observés par les scientifiques.
Le premier d'entre eux agit dans les écosystèmes terrestres et son action est rattachée à l'activité des bactéries à l'origine de la formation du méthane. Lors de la fonte de la merzlota, une quantité supplémentaire de matière organique (qui reste passive à l'état gelé) participe aux cycles biologiques et géologiques des écosystèmes. La toundra humide, les marécages et les lacs arctiques sont des milieux propices au développement des bactéries entraînant la formation du méthane et qui consomment cette matière organique.
Le deuxième mécanisme à l'origine des émissions de méthane en Arctique est rattaché à la présence de dépôts d'hydrates de gaz qui se sont accumulés, dans la zone maritime du plateau continental. Ce sont des combinaisons chimiques où les molécules de méthane se trouvent dans des cellules sous forme de cristaux constituées de molécules d'eau. Extérieurement et, d'ailleurs, par leurs propriétés physiques, les hydrates de gaz rappellent la glace ou la neige humide. Lors du réchauffement, l'eau qu'ils contiennent devient liquide, les molécules de méthane se dégagent et passent de l'eau de la mer à l'atmosphère, ce qui renforce l'effet de serre.
Les chercheurs de l'Institut océanologique du Pacifique (Vladivostok) ont récemment enregistré de grandes concentrations de méthane dans la mer de Laptev. On suppose que cela est dû à la décomposition des hydrates. Mais cette hypothèse est mise en doute par les études sur modèles effectuées à la faculté de géologie de l'Université de Moscou qui ont prouvé que les amas d'hydrates de méthane ne réagissaient pas d'emblée aux changements climatiques, mais avec un long retard de 20 à 40 mille ans.
En outre, la zone de stabilité des hydrates de gaz dépend non seulement de la température mais aussi de la pression. A une pression de 500 atmosphères (c'est-à-dire à environ 5 km de profondeur), les hydrates de gaz conservent leur stabilité même à une température d'environ 5 degrés centigrades au-dessus de zéro. C'est pourquoi ils se trouvent non seulement dans les mers arctiques, mais aussi sur les plateaux continentaux et les pentes de l'Océan mondial dans son intégralité, à la seule différence que, dans les conditions du froid de la zone polaire, les hydrates de gaz se trouvent à une profondeur de 200 m, alors que dans les régions chaudes ils descendent à une profondeur de 500 à 700 m. Si le niveau de l'océan s'élève, la pression dans les profondeurs s'accroît, c'est pourquoi la zone de stabilité des hydrates de méthane s'élargit.
D'autres faits mettent également en doute la version de l'infiltration rapide du méthane des hydrates décomposés dans l'atmosphère. On sait, par exemple, qu'une partie considérable des dépôts d'hydrates sur le fond est recouverte d'une solide couche étanche qui empêche le méthane gazeux de pénétrer dans l'eau. De plus, le déplacement du méthane des eaux profondes à la surface est un processus lent, accompagné de l'oxydation d'une bonne partie du gaz.
Une étude scientifique détaillée effectuée à l'Institut d'hydrologie de Saint-Pétersbourg a prouvé que le dégagement biogène du méthane dans les écosystèmes terrestres de la zone de merzlota de la Russie s'accroîtra au maximum de 20 à 30% par rapport au niveau actuel, par conséquent, le climat global se réchauffera au maximum de 0,01 degré centigrade. Ces indices ne peuvent pourtant pas être comparables au puissant impact que les activités humaines exercent sur le réchauffement.
Mais le fait que la forte tendance à l'accroissement de la concentration globale du méthane observée au XXe siècle ne soit plus observée après 2000 est un argument majeur. Cependant, c'est au XXe siècle qu'ont été enregistrés des records de température ayant entraîné la réduction anomale de la surface des glaces de l'océan Arctique, ainsi que le dégel profond sans précédent de la toundra. Tout cela témoigne que la zone de merzlota et la "mine de méthane" susceptible "d'exploser" dans les conditions du réchauffement global sont des notions dénuées de preuves.
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encore une preuve

Message  DAVIDS le Jeu 1 Mai - 14:40:57

afro afro afro Encore une preuve que le modèle économique actuel n'est pas fiable. Productivité, productivité... afro afro afro Toujours plus de matières premières pour alimenter un libéralisme de plus en plus fragile. quand cela va-t-il finir par nous exploser en pleine figure ? afro afro afro

DAVIDS
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