LA QUESTION DU BACCALAUREAT

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LA QUESTION DU BACCALAUREAT

Message  ludovicccc-moiran le Dim 13 Juil - 19:40:01

En 1983, François Mitterrand devait faire face à une situation qui, non seulement ne trouvait pas de solution, mais s’aggravait sensiblement : le chômage des jeunes. Rares étaient ceux qui parvenaient jusqu’au fameux Baccalauréat qui ouvrait les portes, au pire, à un poste à la fonction publique. Il faut dire que non seulement plus de 60% des étudiants ne parvenaient pas jusqu’à la Terminale, mais à peine 50% d’entre eux parvenaient à obtenir le Baccalauréat, y compris en faisant face à l’épreuve de rattrapage. Dans la tête des socialistes, la solution était pour le moins évidente. Puisqu’avec un Baccalauréat, on s’ouvrait les portes de l’administration, ou avec un Bac pro en poche, l’avenir était tout tracé dans l’industrie, il suffisait d’augmenter le nombre de bacheliers qui seraient autant de jeunes qui ne seraient plus au chômage. Ce fut la stratégie mitterrandienne du : tous avec le Bac.

Mais l’objectif ne se limitait pas à ce raisonnement primaire et, aujourd’hui, jugé comme surréaliste. En effet, dans les pensées des Mauroy et Bérégovoy, en retenant plus longtemps les jeunes à l’école, on parvenait de ce fait à dégonfler les chiffres du chômage qui, malgré les promesses, continuaient à augmenter (ce qui entrainera la première cohabitation de Mitterrand et de Chirac l’année suivante). Théorie primaire par des personnalités pourtant si ventées pour leur grande intelligence, il fallait ensuite trouver le moyen d’augmenter les taux de réussite au Baccalauréat, mais également au Brevet des Collèges, diplôme intermédiaire dont nous sommes encore à nous demander quelle est l’utilité concrète. Deux options se présentaient : rendre les étudiants plus intelligents ou abaisser les exigences des épreuves. Rendre plus intelligents les étudiants relevait de la gageure. Le manque d’imagination, de flexibilité, la syndicalisation socialisante des professeurs rêvant encore du grand Soir ne permettait pas une réforme en profondeur d’un système éducatif qui ne viserait pas à rendre plus intelligent les étudiants, mais au moins leur offrirait davantage de moyens pédagogique et de soutien pour se trouver dans de meilleures conditions pour faire face aux diverses échéances qui se présenteraient à eux sur le chemin du fameux Baccalauréat. Aussi, face à cette difficulté, le Ministère de l’Education, avec le soutien des syndicats puisque cela permettait à leurs membres d’être un peu plus déresponsabiliser face aux évaluations, décida d’abaisser sensiblement le niveau des différents examens.

Déjà discrédité, le Brevet des Collège devint une vulgaire farce devant laquelle seuls des indécrottables fainéants (et encore) échouaient. Beaucoup ne franchissaient pas cette étape par choix puisque préférant se diriger vers des formations professionnelles ou les différentes formules d’apprentissage. En 1986/1987, malgré que le gouvernement ait passé à droite pour une première cohabitation, les collèges se retrouvèrent littéralement pris d’assaut par une marée estudiantine sans avoir réellement les moyens de les accueillir. Face à ce déferlement, le ministère de l’éducation, pris à son propre piège, fut forcé de baisser encore davantage les exigences du Baccalauréat pour que les conditions d’accueil ne soient pas un frein à l’obtention du diplôme. Ainsi, les taux de réussite au fameux Sésame pour l’Université commencèrent à s’envoler. 60, 70, puis 80% de réussite furent allégrement franchis, voir dans certaines zones académiques, pulvérisés, au milieu des années 90. Pourtant, un autre problème découla de cette stratégie imbécile : le taux d’échec en première année universitaire. Le DEUG fut ainsi mis en cause. Diplôme sans réelle importance ni incidence sur le futur professionnel de l’étudiant, il n’en demeurait pas moins qu’il s’avérait être un problème. Face à ce problème, la Droite de Chirac fit preuve de la même imbécilité que la gauche de Mitterrand : il suffisait de réduire les difficultés des différentes échéances en premier cycle universitaire et des facultés.

Où nous ont conduits toutes ces stratégies si innovatrices ? Le Brevet des collèges revêt aujourd’hui autant d’importance que le papier que j’ai dans mes toilettes. Le Baccalauréat, à force d’être bradé, n’a plus aucune valeur sur le marché du travail. Pire, le DEUG a purement et simplement disparu (merci Bologne qui a mis un terme à la polémique avant même qu’elle… ne s’élève) et la licence n’a pratiquement plus de valeur (hormis pour quelques spécialisation, où elle n’est qu’une étape vers d’autres diplômes qui sont obligatoires pour accéder à telle ou telle profession –le droit et la médecine par exemple). Et nous voici donc avec des licenciés, voir parfois des maîtres, dont la valeur intrinsèque ne s’élève pas bien haut. Des problèmes de maitrise de français, des fondamentaux en mathématiques vacillants, des connaissances des langues étrangères quasi nulles, pour beaucoup une in-employabilité professionnelle, l’un dans l’autre, nous avions des chômeurs de 16 ans sans formation à la fin des années 70, trente ans plus tard, nous avons des armées de chômeurs ou assimilés (les stagiaires dans la jeune trentaine) surdiplômés qui n’ont même pas le niveau du Bac du niveau des années 80.

Et pourquoi cette gabegie ? Parce que les gouvernements qui se sont succédés durant les trente dernières années n’ont juré que par l’éducation accessible à tous et à l’égalité des chances à tout prix. Qu’y a-t-il de plus égalitaire que… de supprimer les difficultés sur le chemin de la vie professionnelle ? En supprimant la sanction de l’examen, les politiques ont nivelé par le bas (pour ne pas dire par la cave) les connaissances intellectuelles et les capacités professionnelles. Comment peut-on accepter qu’un élève d’un lycée professionnel obtienne son diplôme d’électricien sans savoir ni écrire, à peine compter et lire ? On l’accepte qu’en on fait preuve de misérabilisme chronique.

ludovicccc-moiran

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il n'y a pas qu'en France

Message  GlobuleX le Lun 14 Juil - 16:55:08

il n'y a pas qu'en France que le niveau des diplomes de fin d'études de secondaire est absolument minable. les humanités (équivalent du Baccalauréat français) sont quasi données pour que nos jeunes ne se retrouvent pas sur le marché du travail sans diplome. le problème est que le niveau est si bas que sur le marché du travail, c'est à peu près comme s'ils ne le possédaient pas. Et le passage à l'unif ? L'ULB (Université Libre de Bruxelles) ne cesse de se plaindre du bas niveau des connaissances précédement acquises. Il faut impérativement réintroduire des examens digne de ce nom pour que la motivation redynamise les étudiants. un diplome doit retrouver ce pour quoi il a été créé : symboliser l'excellence de l'étudiant et de son apprentissage.

GlobuleX
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comme en belgique

Message  enjoy le Lun 8 Sep - 1:19:00

finalement, je me rends compte que les problèmes français et belges sont sensiblement les mêmes : des diplomes qui, à force d'être dévalués, ne correspondent plus à grand chose.
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