LA VICTOIRE TOTALE DE LA CHINE

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LA VICTOIRE TOTALE DE LA CHINE

Message  ludovicccc-moiran le Jeu 7 Aoû - 7:08:30

Avant même que les Jeux Olympiques ne débutent, il n’y a qu’un constat à faire, aussi implacable qu’incontestable : la Chine a gagné son bras de fer contre l’Occident, et même également contre ses rivaux régionaux. Mais ce n’est pas tout : il semble que la Chine, non seulement pourrait être un acteur incontournable de la politique internationale, mais la diriger d’une poigne de fer d’ici quelques années. La Chine a définitivement atteint son apogée en tant que puissance régionale, mais pas en tant que puissance globale.

Au niveau régional, le Japon a définitivement baissé le pavillon. En fait, la Chine a réalisé le rêve de l’Empire du soleil levant des années 30, en dominant économiquement l’Asie de la frontière russe à l’Australie. En quelques années (à peine une dizaine, en fait), la création d’une zone de libre échange couvrant la zone de l’ASEAN, l’Inde, l’Australie et la Chine lui a permis tout d’abord d’être un invité qui se pliait aux règles en vigueurs, pour ensuite imposer son agenda sans rencontrer de résistance. Même le petit dragon vietnamien, pourtant un adversaire politique et militaire, dont l’économie croit au rythme de 10% l’année et dont la main d’œuvre est à la veille d’être meilleure marché que la Chinoise, a du courber l’échine face à la pression exercée par le Japon et la Corée du Sud qui ne voulaient surtout pas que le marché économique de l’Empire du milieu ne se ferme en cas de désaccord sur les nouvelles modalités des règles du jeu imposées par Pékin. En clair, les économies asiatiques (incluant l’Inde et l’Australie) sont entièrement dépendantes de l’accessibilité du marché chinois qui est encore loin d’être parvenu à saturation. Mais ce n’est pas tout.

Autour de ce premier cercle, s’en est formé un autre qui couvre une zone encore plus large qui inclue cette fois des pays comme l’Indonésie, la Birmanie et les Philippines de par les fortes communautés chinoises qu’elles accueillent et qui influent directement sur l’économie locale. Ainsi, elles contrôlent le commerce local dans quasiment tous les secteurs et alimentent des flux financiers qui vont toutes dans le même sens : vers l’Empire du milieu. Cette immigration n’a pas eu de cesse de prendre de l’ampleur jusqu’à ce qu’elle influence les politiques locales qui hésitent désormais à les contrôler de peur de s’aliéner une Chine qui acquiert peu à peu la légitimité de défendre ces communautés à des fins de politiques régionales expansionnistes. Des villes comme Singapour, Kuala Lumpur, Djakarta, Bandung ou Manille pourrait être habitées par près de 40% de Chinois dans moins de dix ans. Cette situation de dépendance grandissante par ce que de nombreux leaders régionaux appellent la politique de colonisation par l’immigration officielle, mais davantage clandestine, a déjà entrainé, périodiquement, de violents pogroms antichinois dans les cinq dernières années durement réprimés par les gouvernements en place qui ne peuvent plus suivre de politique indépendante de Pékin (surtout la Birmanie dont la junte et quasi psychodépendante du régime communiste de la Chine). Le troisième cercle en phase de forte expansion, incluse la péninsule arabique et l’Afrique, dont la plupart des régimes dictatoriaux ou antioccidentaux sont tentés d’échanger des matières premières vendues à bas prix (l’Afrique) ou sous promesse d’investissements massifs dans les infrastructures (péninsule arabique hors Arabie Saoudite) contre un appui sans faille de Pékin au niveau international et plus particulièrement au Conseil de sécurité de l’ONU (on pense surtout à l’Iran, le Yémen, le Zimbabwe, le Soudan, l’Erythrée, la Somalie contrôlée par les tribunaux islamiques, le Mozambique…). Enfin, dans cette toile d’araignée, viennent de plus en plous s’empêtrer les économies occidentales qui sont de plus en plus dépendantes de l’économie chinoise et de son marché, après avoir initié une interdépendance basée sur le principe de l’avantage comparatif. Les rapides progrès techniques chinois tendent à mettre de plus en plus à mal cette organisation qui est l’une des causes de la grave crise de liquidité mondiale qui a déstabilisé l’économie mondialisée, qui… par extension, a besoin des capitaux chinois pour maintenir sa tête hors de l’eau. Les économies occidentales sont aujourd’hui prises en otage par la Chine.

Au niveau militaire, la Chine s’est imposée au niveau régional surtout grâce à la dépendance de la région asiatique vis-à-vis de son économie. Ainsi n’a-t-elle pas eu à user de menace ni à faire face à des mouvements de mauvaises humeurs de la part des acteurs de la zone (hormis peut-être Taïwan qui commence à lâcher du lest en se rendant compte que les Etats-Unis ne seront peut-être plus en mesure de les défendre à cause de sa fragilisation économique et de sa dépendance envers les fonds d’investissements chinois –qui pèsent plus de 3000 milliards de dollars actuellement). Ainsi, Pékin a mis la pression sur la Corée du Nord pour qu’elle abandonne son programme nucléaire, progressivement, pour qu’il subsiste malgré tout une certaine tension déstabilisante pour la Corée du Sud et ainsi la rendre dépendante de la diplomatie chinoise. Dans cette affaire, les Etats-Unis, empêtrés en Irak et en Afghanistan, lui a passé le témoin. Un témoin que la Chine ne lui rendra plus. Pékin a également soufflé le chaud et le froid dans la crise birmane pour tenter de faire oublier les répressions tibétaines et des communautés ouighours de mars à début juillet. Deuxième stratégie, Pékin a multiplié les initiatives caritatives internationales pour redorer son blason aux yeux du monde occidental. Mais à l’intérieur du pays, à la veille du pays, la politique de répression a été sérieusement renforcée. Enfin, pour clore le chapitre militaire, la mainmise de Pékin sur la région est devenue telle qu’aucun gouvernement n’a émis de sérieuses protestations (pas même celui de Taïwan) contre la méga construction d’une méga base souterraine de la marine chinoise sur les côtes du Hainan pouvant héberger plus de vingt sous-marins nucléaire d’attaque pouvant appareiller sans être détectés ni détruits.

Au niveau interne, le parti communiste a réévalué sa politique au grès des évolutions rapides de l’économie. Depuis 1989 et Tiananmen, le pouvoir s’est quelque peu décommunisé. En effet, elle a adopté le capitalisme libérale dans des zones bien délimitées où des classes moyennes se sont formées et des richesses se sont créées sur un principe simple : vous vous enrichissez librement mais l’idéologie demeure le fait du Parti. Mais cette idéologie aussi a changé puisqu’à l’extérieur de ces zones d’enrichissement, elle a accepté le principe des migrations intérieures nécessaires à l’enrichissement du pays qui, de plus, permettait aux habitants des zones rurales de participer minimalement à celle-ci. Cela permis de faire retomber considérablement les tensions sociales et politiques à travers tout le pays tout en permettant au régime de légitimer à nouveau la répression des contestataires qui devenaient alors des empêcheurs de s’enrichir. Dans cette dynamique, comme nous l’avons vu ce printemps avec les manifestations antioccidentales dans le cadre des répressions au Tibet, le régime a remis à l’ordre du jour le nationalisme le plus basique et étroitement contrôlé, tant à l’intérieur du pays, mais dans les pays étrangers. De fait, bien avant ces événements, les réseaux internet ont pu être libérés parce que véhiculant l’idéologie nationaliste chinoise à travers le monde et influencer les communautés chinoises installées en occident. La liberté de pensée et d’expression que cela entraina n’était pourtant que pure illusion puisque des compagnies comme Yahoo et Google avaient signé des ententes avec le régime pour contrôler le flux d’information disponible sur leurs réseaux, se rendant de ce fait tout à fait complice du totalitarisme contre des parts de marché du gigantesque marché chinois. La boucle était bouclée. Vraiment ? Non, il ne reste plus qu’au régime d’abandonner les références au Communisme pour paraitre enfin ce qu’il est : une dictature à vocation hégémonique.

Les Jeux Olympiques vont débuter avec la participation de gouvernements occidentaux qui ont bien compris qu’ils sont désormais entièrement impuissants face à cette Chine qui sera, dans moins de vingt ans, la première puissance hégémonique totalitaire à vocation globale.

ludovicccc-moiran

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