LE CALVAIRE DU SECTEUR AUTOMOBILE

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LE CALVAIRE DU SECTEUR AUTOMOBILE

Message  ludovicccc-moiran le Jeu 7 Aoû - 7:09:24

Le secteur automobile se porte très mal. Les ventes s’effondrent et ses valeurs boursières s’effondrent lamentablement. La crise est bien plus profonde qu’elle n’y parait. Et cela pourrait rapidement virer au cauchemar si les sociétés ne réagissent pas au plus vite. Général Motors ne vaut pratiquement plus rien (même s’il s’agit toujours de la première compagnie automobile mondiale –Toyota ayant cédé le témoin après avoir dépassé GM durant quelques semaines cet hiver). Les 4X4 et les Pick-Up ne se vendent plus aux Etats-Unis. En Europe, Carlos Ghosn révise drastiquement ses prévision de ventes à la baisse (jusqu’à renoncer à vendre 800 000 véhicules de plus entre 2005 et 2009) et annonce 5000 suppressions d’emploi en France. L’ensemble du secteur européen, à l’échelon mondial, a perdu 30% de sa valeur boursière sur un an. Même Toyota revoit ses objectifs commerciaux à la baisse et prévoit une chute de 33% de ses bénéfices pour 2008. La crise est aussi mondiale que profonde.

Il faut dire que les handicapes ne manquent pas. Il y a eu tout d’abord l’envolé des prix du baril de pétrole qui a poussé les prix à la pompe vers les sommets (une pointe de 146 $, avec une augmentation sur un an de 70% du baril). Les conducteurs ont eu des comportements différents des deux côtés de l’Atlantique. En Amérique du Nord, ce sont les consommateurs qui ont imposés leur loi en renonçant de plus en plus à conduire des véhicules gourmands et en poussant ainsi les constructeurs à se pencher sérieusement sur le problème. Résultat, la consommation continue de baisser avec une régularité pas très engageante pour les constructeurs non seulement américains, mais aussi japonais et allemands. Du côté européen, ce sont surtout les Etats qui ont pris l’initiative, avec la clé, l’augmentation générale des taxes de toutes sortes que les consommateurs a du subir puisqu’il n’a pas changé, radicalement, ses habitudes de consommation. Le gros bon sens américain contre l’interventionnisme étatique européen. Une habitude.

Le second problème pour le secteur automobile, est la flambée du cours de l’acier sur les marchés mondiaux. On en parle pratiquement jamais, mais cela fait trois ans que les cours s’enflamment sous la pression consommatrice exercée par l’Inde et surtout la Chine. Il en faut 700 kg pour une Clio. Pour Renault, le surcout lié à l’acier devrait dépasser le milliard d’euros en 2009, soit autant que pour la seule période 2006-2008. Et la hausse des prix s’accélère. Forcement, les constructeurs européens et japonais, plus affectés que leurs homologues américains qui bénéficient d’un acier local moins chers et d’un traitement des métaux proches des lieux de production, ont déjà annoncé que les prix des véhicules vont sérieusement augmenter, sans chiffrer ces hausses de peur de décourager les projets d’achat pour 2009. Il est vrai qu’il est plus facile de renoncer à l’achat d’une voiture que de l’alimentaire ou le paiement d’un loyer ou d’une créance immobilière.

Ces deux facteurs devraient raisonnablement favoriser la vente des petits véhicules peu gourmands en carburant. Pourtant, cela ne fait pas l’affaire des constructeurs mondiaux puisque ce sont sur ces types de produits que les marges bénéficiaires sont les plus basses. Autrement dit, si les perspectives du secteur pour 2020 prévoient 44% des ventes mondiales de petites voitures, on sait d’or et déjà que de nombreuses marques auront disparus. En 2005, déjà, lors de la première flambée estivale des carburants, des experts du secteur automobile avaient établi une première liste largement repris dans la presse mondiale : Wall Street Journal, Times, Financial times, La Tribune, Les Echo, l’International Herald Tribune… : Volvo, Saab, Opel, Fiat, Mazda, Mitsubishi, jaguar, Rover… Et déjà, trois ans plus tard, certaines marques ont disparu comme Rover, tandis que d’autres ont (Jaguar) ou vont changer de propriétaires (Volvo). En fait, la situation aurait pu être catastrophique sans le marché chinois qui absorbait de 2003 à 2007 20% de voitures annuellement en plus chaque année. Or, en 2008, la hausse des ventes devrait se limiter à 10%. Et le Brésil suit exactement la même tendance avec une progression de 5% prévue pour 2009. Mais cela pourrait ne plus durer très longtemps. Les constructeurs chinois prennent de plus en plus de place sur le marché domestique, mais cinq d’entre eux frappent de plus en plus fermement à la porte de l’Union européenne et des Etats-Unis qui ne pourront pas la laisser fermer encore longtemps en évoquant des questions de sécurité des consommateurs qui se justifient de moins en moins –mais qui en fait cherchent à protéger le plus longtemps possible leurs constructeurs qu’ils savent de moins en moins compétitifs. Il est vrai qu’un modèle de la catégorie équivalente à une BMW série 5 vendue au prix d’une Clio, cela marquerait la fin d’une époque pour bon nombre de constructeurs européens, américains, japonais et coréens.

ludovicccc-moiran

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