Nicolas Gogol

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Nicolas Gogol

Message  jimmyolsen le Jeu 7 Aoû - 13:08:00



Nicolas Vassiliévitch Gogol (en russe : Николай Васильевич Гоголь, Nikolaï Vassilievitch Gogol et en ukrainien : Микола Васильович Гоголь, Mykola Vassyliovytch Hohol) est un écrivain russe d'origine ukrainienne, né à Sorotchintsy en Ukraine le 20 mars 1809, mort à Moscou le 21 février 1852.
Son père, ancien officier cosaque, développe son goût de la littérature ; sa mère lui transmet sa foi religieuse qui évoluera vers la fin de sa vie en un mysticisme maladif. Après de médiocres études, ce frêle jouvenceau au visage austère quitte l'Ukraine et trouve un modeste emploi de bureau dans un ministère à Saint-Pétersbourg.
En 1829, il fait ses premiers pas littéraires en publiant sous un pseudonyme et à compte d'auteur le médiocre poème romantique Hanz Küchelgarten. Ereinté par la critique, il retirera les exemplaires des librairies pour les brûler. Suite à cet échec, il "s'échappe" alors une première fois de Russie et passe deux mois dans le nord de l'Allemagne, sous couvert de mensonges successifs. L'année suivante paraît sa première nouvelle ukrainienne, la Nuit de la Saint-Jean. En 1831, Gogol quitte l'administration et devient professeur d'histoire à l'Institut patriotique pour filles d'officiers nobles. Il est introduit dans les milieux littéraires et présenté à Pouchkine qui l'encouragera à écrire. Son éloignement de l'Ukraine et la nostalgie qui en résulte lui inspirent les Soirées du hameau (1831-1832). Ce recueil de nouvelles grotesques, drolatiques et fantastiques inspirées de la vie des paysans ukrainiens, lui assure la célébrité.
En 1833, Gogol traverse une des crises morales et mystiques qui lui seront coutumières. Il se découvre une vocation d'historien. Nommé professeur adjoint d'histoire à l'université de Saint-Pétersbourg en juillet 1834, ses premiers cours (auxquels assistera Tourgueniev) entraînent l'enthousiasme des étudiants mais son intérêt pour l'histoire comme sa popularité en tant que professeur s'éteignent rapidement.
Suite à cette période, il publie de nombreuses nouvelles, avec les recueils Arabesques (qui contient entre autres la Perspective Nevski, le Portrait et le Journal d'un Fou) et Mirgorod. En 1836, la pièce de théâtre Le Revizor (dont le sujet lui a été fourni par Pouchkine), applaudie par les libéraux, attaquée par les réactionnaires, connaît un succès de scandale à Saint-Pétersbourg ; une remarque attribuée au tsar Nicolas Ier calmera les esprits : « tout le monde en a pris pour son grade, moi en premier ». Gogol se sent incompris, tout autant irrité par ceux qui le soutiennent que par ceux qui le critiquent : tous simplifient et détournent sa pensée profonde, pensent qu'il s'agit d'une satire politique, qu'il milite contre les institutions, alors qu'il ne veut dénoncer que les vices et les abus qui se trouvent en l'homme. En plein désarroi, il fuit et commence ses pérégrinations à travers l'Europe.
Sur une autre idée de son ami Alexandre Pouchkine, il avait commencé à écrire en 1836, juste avant de s'attaquer au Revizor, son grand roman Les Âmes mortes que, dans sa foi de plus en plus exaltée en sa « mission », il envisage comme une œuvre « immensément grande », un « Léviathan », « quelque chose qui n'est pas l'œuvre d'un homme ordinaire ». Il essaie de faire publier la première partie à Moscou en 1841 mais elle est interdite par le comité de censure. Ce n'est qu'après l'intervention de ses amis et en particulier de Madame Smirnoff, la présentation au comité de censure de Saint-Pétersbourg et plusieurs remaniements qu'elle paraît en 1842. Au-delà de l'amusante escroquerie1 projetée par le héros Tchitchikov, ce roman est une description sans concession de la Russie profonde, une satire parfois impitoyable, mais où demeure sous-jacent, de manière permanente, le profond amour de Gogol pour ce pays. Le succès et le scandale sont à nouveau au rendez-vous.
En 1843, son expérience passée de médiocre employé de ministère lui inspire une magnifique nouvelle, Le manteau, dont le héros Akaki Akakiévitch est devenu l'archétype du petit fonctionnaire russe.
Les tribulations reprennent : Italie, France, Allemagne, etc. En 1848, il fait un pèlerinage à Jérusalem. Peit à petit, sa santé se dégrade, et plus encore la perception qu'il a de sa santé — car il se croit toujours beaucoup plus malade qu'il n'est — et son sentiment religieux s'exalte : il devient de plus en plus mystique et conservateur.
Rentré à Moscou, il est toujours occupé à la rédaction d'une seconde partie des Âmes mortes, dans laquelle, à l'instar de Dante, il espérait décrire la rédemption de la Russie, sortant de l'Enfer qu'il avait dépeint dans la première partie de cette œuvre (il en avait brûlé une première version en 1845). Mais son état psychique et physique se dégrade sans cesse. Au début de février 1852, il brûle dans le poêle de sa chambre tous ses manuscrits inédits dont la seconde partie des Âmes mortes. On ne connaît de cette seconde partie que quatre chapitres retrouvés dans les papiers de l'écrivain, issus de la première rédaction.
Nicolas Gogol meurt le 21 février 1852, épuisé par les jeûnes qu'il s'était imposés pour défier le diable, entre les mains de médecins ineptes qui le couvrent de sangsues et, lui infligent des traitements d'une violence inouie: bains froids, saignées, cataplasmes. Il est enterré au cimetière de Novodevitchi à Moscou, non loin de Boulgakov, qu'il inspirera grandement pour son chef d'œuvre, Le Maître et Marguerite.
Si Pouchkine est considéré comme le plus grand poète russe, Gogol est reconnu comme son premier grand prosateur. Selon le mot de Vogüé, inexactement attribué à Dostoievski: "Nous sommes tous sortis du Manteau de Gogol".
avatar
jimmyolsen
Admin

Nombre de messages : 391
Date d'inscription : 23/04/2008

Feuille de personnage
openplay:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum