La guerre en tant que moyen d'apaisement

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La guerre en tant que moyen d'apaisement

Message  jimmyolsen le Mer 20 Aoû - 22:35:32



Les opérations militaires qui se poursuivent depuis plus d'une semaine dans la région de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, opposant les armées russe et géorgienne, sont au centre de l'espace médiatique, et ont même réussi à faire disparaître des unes les Jeux olympiques de Pékin. Il est déjà clair qu'août 2008 marquera l'histoire, mais les événements continuent à se développer.

La situation peut être évaluée sous bien des points de vue, mais essayons de nous arrêter sur deux aspects en particulier: l'aspect purement militaire et l'aspect militaire et politique général.

Du point de vue militaire, on peut dire que, dans l'ensemble, les prévisions d'avant les hostilités se sont justifiées: la Géorgie n'a pu remporter de guerre éclair contre l'Ossétie du Sud. Même dans la matinée du 8 août, alors que les troupes russes ne se trouvaient pas encore à proximité de Tskhinvali et que les raids de l'aviation russe étaient encore relativement rares, les troupes géorgiennes n'ont pu entrer dans la ville et occuper la majeure partie de ses quartiers qu'à leur deuxième tentative.

Dans le même temps, il faut mentionner que les informations sur la mauvaise préparation des troupes géorgiennes ne se sont pas justifiées: elles ont manifesté leur capacité à agir dans une situation complexe, en coordonnant leurs actions. Cependant, la préparation au combat et la motivation des combattants sud-ossètes se sont avérées également déterminantes.

Il faut évoquer plus en détail les forces armées russes. Bien que leur état soit certainement loin d'être idéal et qu'il ne commence qu'à revenir à la "norme", la machine de guerre russe s'est révélée parfaitement préparée pour ce genre de tâche, et ce, à tous les niveaux. Au niveau stratégique, il faut relever la prise rapide de la décision d'engager des opérations et d'envoyer des troupes. Sur le plan opérationnel: l'existence d'un nombre suffisant d'unités prêtes au combat et de formations de la taille d'une division qu'on peut lancer, en quelque sorte, sur un simple "en avant!", sans faire d'efforts extraordinaires en vue de les mettre en alerte. Sur le plan tactique, le tableau des combats n'est pas complet, pour des considérations politiques évidentes: l'armée doit limiter l'emploi des armements lourds et de l'aviation en vue d'éviter autant que possible de faire des victimes parmi les civils.

Au rang des erreurs, il faut mettre l'accent sur la lutte contre la DCA géorgienne: les pertes de l'aviation russe se sont avérées supérieures à celles qu'on aurait pu attendre si les systèmes de DCA avaient été correctement neutralisés. Il faut également rappeler que l'armée russe a affaire, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, à un adversaire doté de systèmes de DCA plus perfectionnés qu'une artillerie de petit calibre et des missiles anti-aériens portatifs.

La flotte a effectué rapidement un débarquement en Abkhazie et, pour la première fois depuis la Grande Guerre patriotique, elle a mené un combat maritime.

Quant à la situation militaire et politique, on peut souligner qu'elle est, sur le plan général, assez favorable. Outre les Etats-Unis, on ne trouve que les pays baltes et la Pologne, en plus de la Géorgie, pour occuper une position nettement hostile à l'égard de la Russie. La plupart des pays proposent aux deux parties, pour l'essentiel, de mettre fin aux hostilités et de revenir à la situation d'avant la guerre. Il faut souligner particulièrement les actions à l'ONU où le représentant permanent de la Russie Vitali Tchourkine défend brillamment la position de la Russie, en rejetant les accusations d'agression et en empêchant la création d'une coalition antirusse.

En ce qui concerne les prévisions, il est difficile de dire quelque chose d'un tant soit peu précis dans des conditions où la situation change rapidement. Apparemment, le principal objectif de la Russie est de détruire le matériel et l'infrastructure militaires de la Géorgie, de la priver de la capacité de mener des opérations militaires actives. C'est pourquoi il faut supposer que les bombardements d'ouvrages ciblés sur le territoire de la Géorgie se poursuivront et que les troupes géorgiennes seront graduellement évincées de l'Ossétie du Sud, le tout avec la création d'une zone de sécurité autour de la région. La création d'une zone de sécurité est vraisemblablement prévue également autour de l'Abkhazie. Dans le même temps, les actions des troupes russes seront restreintes en matière d'emploi d'armements lourds pour les raisons susmentionnées.

Sur le plan politique, la création d'une coalition antirusse a manifestement échoué. L'opération militaire s'achèvera probablement dans quelques jours, après quoi les négociations reprendront. Le destin des dirigeants géorgiens reste le point politique le plus intéressant. On suppose qu'une des conditions que la Russie posera lors des négociations sera la remise à la justice de certains leaders géorgiens. Dans l'ensemble, les actions de la Russie peuvent certainement être évaluées positivement: le pays a démontré ouvertement sa volonté et sa capacité d'employer toutes les forces et tous les moyens, y compris militaires, en vue de défendre ses citoyens et ses intérêts nationaux.
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