BILAN DE LA DEL ALLEMANDE Vol 1

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BILAN DE LA DEL ALLEMANDE Vol 1

Message  jimmyolsen le Sam 23 Aoû - 15:22:22



Allemagne 2007/08 : bilan

La DEL a peut-être connu la phase finale la plus enthousiasmante de son histoire sportivement, mais elle peine toujours à le faire savoir. Une des raisons est l'absence de star connue et identifiable par le grand public. Le meilleur joueur étranger Scott Walker et le meilleur joueur allemand Michael Wolf ont en commun de n'être guère vendeurs : nom banal, visage anonyme, personnalité discrète, aura médiatique faible. Même l'aventure personnelle vécue par Robert Müller, revenu au plus haut niveau après sa tumeur au cerveau, n'en a pas fait un héros médiatique.

Pour faire parler de soi, il faut donc des coups de pub passagers, comme ce deuxième match le plus long de l'histoire du hockey sur glace (Cologne-Mannheim), intervenu si rapidement, l'année de la suppression des tirs au but en play-offs. Néanmoins, quand un sport suscite un intérêt passager, celui-ci concerne souvent surtout les mauvaises nouvelles ou les sales affaires. Le hockey allemand n'échappe pas à la règle et a encore vécu une année à scandales, qui a trouvé son point d'orgue au championnat du monde.

Avant que la fédération ne traverse une période trouble, l'image donnée par les présidents de clubs pendant la saison avait déjà été peu reluisante. À l'automne, on annonçait fièrement le retour de la promotion/relégation, sous forme d'un barrage, à l'issue de la saison 2009/10. Réjouissances, soulagement, lettres de remerciement des supporters... Au printemps, on apprenait que la DEL et l'ESBG (société des clubs de deuxième et troisième division) n'avaient pas réussi à se mettre d'accord sur la formule. La faute aux équipes de division inférieure, bien sûr, qui n'avaient pas accepté la proposition selon laquelle, "en toute équité", le dernier de DEL aurait l'avantage de la glace et pourrait aligner 10 étrangers contre 6 à son adversaire...

Du coup, après la montée de Kassel, les championnats vont être bloqués dans des formules peu satisfaisantes (trop de clubs en DEL, pas assez en dessous), et le hockey allemand se prépare de nouveaux débats difficiles à moins de deux ans de la date-clé du Mondial à domicile.

Les 10 premiers clubs de DEL

Premier : Eisbären de Berlin. Si les deux précédents titres des Eisbären semblaient issus d'une supériorité structurelle implacable, celui-ci a procuré plus d'émotions par les embûches semées sur le chemin. Surtout, il a coïncidé avec la dernière saison dans l'étroit mais mythique Wellblechpalast, où presque tous les matches se sont joués à guichets fermés.

L'homme-clé de l'organisation reste le manager Peter John Lee, qui a mis en place les structures de formation, mais l'entraîneur qui en récolte les fruits n'est plus le même. Pierre Pagé est parti, et il ne s'est pas trouvé grand monde pour le regretter. Les allusions au passé ont toujours été teintées de rancune, mais surtout de soulagement, presque de libération. Tous ont semblé bénéficier de la confiance insufflée par le nouveau coach Don Jackson : les vétérans Sven Felski et Stefan Ustorf ont connu une seconde jeunesse, alors que les jeunes défenseurs Jens Baxmann et Tobias Draxinger ont enfin eu droit à du temps de jeu, utilisé à très bon escient.

Ce jeu débridé, débarrassé de la contrainte d'un entraîneur rigoriste, s'est particulièrement exprimé chez deux défenseurs offensifs de premier plan, tous deux anciens internationaux américains : Andy Roach et Deron Quint. C'est ce dernier qui a été élu meilleur défenseur de DEL devant son collègue. Co-recordman de la NHL pour avoir marqué deux fois à quatre secondes d'intervalle, Quint sait aujourd'hui ce qu'il doit aux New Jersey Devils : les quatre matches qu'il a joué pour eux sont anecdotiques dans sa longue carrière, pas la conversation qu'il y a eue avec leur manager Lou Lamoriello. Celui-ci a eu le courage d'évoquer les yeux dans les yeux avec Quint son problème d'alcool, et ainsi de l'inciter à suivre une cure de désintoxication sans laquelle sa carrière et surtout sa vie auraient pris mauvaise tournure.

Pourtant, lorsque Steve Walker s'est blessé juste à la fin de la saison régulière, les Eisbären ont bien cru être maudits : lui aussi libéré par le changement de coach, le capitaine était plus que jamais le joueur-clé de l'équipe. On le disait perdu pour les play-offs, il est pourtant revenu dès les demi-finales. Et dans une finale très serrée contre Cologne, il a fait basculer la décision : but en prolongation au match 1, puis but vainqueur à trente secondes de la fin du match 3 alors que Berlin venait juste de se faire remonter sur une pénalité prise par Walker lui-même pour un retard de jeu.

Mais celui qui restera dans l'histoire comme l'homme du titre, c'est Florian Busch. Et, pour l'image du hockey allemand, cela ne pouvait pas plus mal tomber. Busch était en effet depuis une dizaine de jours au cœur de la polémique parce qu'il avait claqué la porte au nez d'un contrôleur anti-dopage, avant de s'excuser et de passer le test - négatif - dans l'après-midi. Impulsion idiote ou réaction propice à toutes les suspicions ? Geste regrettable en tout cas : la fédération a cru bon de faire bloc et d'ignorer tous ceux qui demandaient la suspension du joueur, mais menacée de perdre sa subvention ministérielle, elle a dû accepter de remettre le sort de Busch entre les mains du comité olympique au lieu de se contenter d'une sanction interne symbolique. Le buteur décisif du championnat 2008 est en sursis...

Deuxième : Cologne. La Kölnarena est devenue une référence du hockey allemand et européen. C'est d'ailleurs pourquoi sa perte de dénomination - le nom va être vendu pour dix ans à la compagnie chimique locale Lanxess - est perçue avec tant de dépit. D'autres salles plus modernes, voire de capacité proche, se sont construites depuis sur le continent, mais la Kölnarena reste la première, celle qui a lancé le mouvement. Une marque qui veut dire quelque chose, qui frappe les esprits.

D'une certaine manière, la Kölnarena permet de mesurer le pouls du hockey allemand. C'est ici que l'on constate en premier lieu la nette érosion des affluences pendant une saison régulière ronronnante, à rallonge. Un derby contre Düsseldorf qui n'affiche pas complet, et c'est toute la DEL qui s'interroge. Mais c'est aussi la Kölnarena qui a été le symbole de play-offs enthousiasmants. C'est là qu'a eu lieu le match aux six prolongations contre Mannheim. À vrai dire, une grande partie du public en a eu marre - ou devait rentrer avant la fin des transports - et est partie avant terme, mais chut ! En cette veille de jour férié, la presse écrite n'était pas gênée pour les heures de bouclage. Par sa rareté, l'évènement a donc eu un certain écho.

Le gardien vainqueur Robert Müller, en faisant face à 100 tirs, a vécu une soirée historique. Qui se souvient qu'en décembre, Cologne pensait sa saison fichue ? Travis Scott, vite considéré comme le meilleur gardien de la ligue, n'avait pas pu résister au rappel de son ancien club Magnitogorsk, qui a les moyens d'être convaincant. Le dédommagement financier ne suffisait pas à consoler Cologne, mais l'arrivée de Müller, si. Barré à Mannheim, le gardien international a rappelé qu'il n'était pas seulement un miraculé. Il a aussi retrouvé son niveau d'avant la maladie, ce dont on avait pu douter sans le dire.

Il n'a pas manqué grand-chose à Cologne : un poil de réussite certainement, et peut-être aussi un peu de densité offensive. En tout cas pas un leader. Toujours dominant techniquement et physiquement, Ivan Ciernik a réussi une grande saison. Et s'il n'a pas tant fait parler de lui, c'est peut-être qu'on s'est habitué, ou qu'il a été trop régulier. Ses 49 buts, dont 11 en play-offs, parlent d'eux-mêmes. Le problème de Ciernik est qu'il reste, comme d'autres avant lui, un phénomène circonscrit aux frontières de la DEL : il n'est pas aussi impressionnant aux championnats du monde avec la Slovaquie.

Troisième : Francfort. C'est ce que l'on appelle une saison pleine, et les Lions n'en ont pas connu souvent. La constance des performances a conduit à une atmosphère de réconciliation générale au sein du club et des supporters. Les esprits les plus critiques ont même ravisé leurs remarques devant le bilan sans accroc. Paradoxalement, c'est après cette saison passée dans une atmosphère guillerette que le président Gerd Schröder a connu une attaque cérébrale. Il est actuellement plongé dans un coma artificiel.

Même en ayant passé tout le championnat dans le top-4, Francfort n'était pourtant pas totalement pris au sérieux par ses adversaires en play-offs. Les Lions ont su en profiter pour sortir Iserlohn après avoir pourtant été menés 3 victoires à 1, et pour mener la vie dure en demi-finale à une équipe de Cologne rendue un peu trop confiante par le 7-1 initial.

Les Canadiens amènent leurs points forts dans des secteurs-clés du jeu : le leadership du capitaine Jason Young, la technique impériale de Chris Taylor aux mises au jeu, la qualité de lancer de Richie Regehr en supériorité numérique, et la présence physique redoutée de Jason Marshall en infériorité numérique.

En revanche, Francfort est toujours aussi limité en main-d'œuvre locale. Les rares joueurs allemands sont vieillissants, avec la retraite programmée de Martin Reichel, même si un Michael Bresagk n'a pas l'intention de s'arrêter grâce à une condition physique qu'il entretient remarquablement.

Quatrième : Düsseldorf. Le co-favori a connu une saison catastrophique. La ligne "KVK", autrefois symbole de sa réussite, est devenue le parfait exemple des malheurs du DEG, car deux de ses membres éminents étaient sur le flanc. Daniel Kreutzer ne s'est jamais vraiment remis de la mononucléose qui a entamé ses forces. Il a logiquement perdu sa place dans une équipe nationale dont il était pourtant le capitaine. Le centre norvégien Tore Vikingstad a pour sa part été longuement convalescent après son opération de l'épaule, et il n'a pu revenir qu'en fin de saison. Le troisième homme Klaus Kathan, privé de ses collègues, a perdu son efficacité offensive, hormis pendant un très bon premier mois. Par la suite, il a surtout rappelé ses faiblesses défensives.

Les raisons de la crise étaient donc à chercher au-delà de l'entraîneur tchèque Slavomir Lener, viré dès la fin octobre. En prenant lui-même en mains l'équipe qu'il avait recrutée, le manager Lance Nethery n'avait plus d'excuses. Ou presque : quand le gardien Jamie Storr s'est blessé au genou, sa doublure Jochen Reimer a peiné à le remplacer. Le DEG s'est donc enfoncé un peu plus.

Il semblait condamné à boire le calice jusqu'à la lie et à voir sa saison se terminer prématurément. Et puis, en fin de saison régulière et dans ces play-offs en lesquels on avait perdu espoir, cette équipe sans buteur s'en est trouvé un : l'ex-espoir de l'année Patrick Reimer.

La KVK a effectué une belle tournée d'adieux dans ces séries. Des joueurs qui avaient pas mal déçu ont aussi formé une ligne soudainement performante : Panzer-Pinnizzotto-Reid. De quoi terminer la saison avec le sourire. Mais pas de quoi combler le trou laissé dans le budget par des tribunes du Dome de plus en plus désaffectées.

Cinquième : Nuremberg. Si vous voulez savoir comment gâcher une saison partie à la perfection, demandez à Günther Hertel. Le boss des "Sinupret Ice Tigers", spécialisé dans la parapharmacie, a sa décoction bien à lui...

Le diagnostic du patient était pourtant très positif. Grâce à sa vitesse de jeu, Nuremberg occupait la première place d'une saison régulière (qui lui vaudra d'ailleurs une qualification pour le tour préliminaire de la future Ligue des Champions). Après lui avoir trop vite tressé des louanges puis l'avoir trop vite critiqué publiquement, Benoît Laporte avait réussi à ce que son buteur Ahren Spylo utilise son impressionnant gabarit pour le bien de l'équipe. Le bilan sportif était au beau fixe, et c'est le moment que choisissait Hertel pour déclarer qu'il n'était plus très sûr de vouloir continuer à financer l'équipe, et que l'avenir ne lui paraissait pas très assuré...

Tempête médiatique. Au lieu de faire parler de lui par ses succès sportifs, le club devenait un sujet d'inquiétude. L'entraîneur Benoît Laporte, agacé du comportement d'un Hertel par ailleurs invisible auprès de l'équipe, ne cachait plus sa volonté de partir.

Ce flou sur l'avenir n'a pas manqué d'avoir des répercussions sur la saison en cours, avec une élimination d'entrée en play-offs contre une formation de Düsseldorf au moral retrouvé.

Bien sûr, des raisons purement sportives ont expliqué cette contre-performance : le régulateur de l'attaque Scott King traînait des douleurs après une fracture de la malléole, et Dimitrij Kotschnew, fraîchement élu gardien de l'année en DEL, était mal remis d'un virus. Mais le remue-ménage extra-sportif a été la première raison invoquée par Laporte.

Günther Hertel n'a pas fini de faire parler de lui. Après avoir enlevé "Nuremberg" du nom de l'équipe professionnelle, il veut aujourd'hui couper tout lien avec sa structure originelle (EHC 80 Nuremberg), qui recevait déjà à peine 15 000 euros de la structure pro. Hertel a trouvé moins exigent : à 35 km de là, le club amateur de Höchstadt est prêt à signer un accord de coopération sans la moindre contrepartie ! Même pas le prix de l'encre pour signer le papier... Alors que la DEL a communiqué cette saison sur son grand projet de formation pour obliger à terme les clubs à avoir des équipes de hockey mineur dans les divisions supérieures, on voit comment ces exigences sont vides de sens lorsqu'elles peuvent être contournées par des accords creux entre équipes aux liens distendues et par l'absence de vrai investissement financier dans la formation. La vision à court terme et la pensée "après moi, le déluge" a encore de beaux jours devant elle, surtout avec Hertel.
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