LE BILAN DE LA LIGUE MAGNUS Vol 1

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LE BILAN DE LA LIGUE MAGNUS Vol 1

Message  jimmyolsen le Mer 27 Aoû - 17:50:11



Premier : Rouen. L'invincibilité de la saison 2005/06 restera à jamais une référence pour le RHE, mais il a été encore plus irrésistible en cette fin de saison. La victoire est d'autant plus savoureuse qu'en perdant d'entrée chez lui contre le champion en titre Grenoble, Rouen s'est cette fois positionné en retrait. Il n'était plus l'intouchable favori, mais montait doucement en puissance, emmené par un quatuor baptisé "les 4 Fantastiques".
Thinel, Malette, Doucet et Desrosiers ont poussé le vice jusqu'à ne laisser qu'un petit point d'écart entre eux au classement des marqueurs de saison régulière, mais un tel gouffre avec tous les autres... Quel savant équilibre comptable ! S'ils s'étaient arrêtés là, ce serait peu de choses. Mais les quatre pointeurs se sont retrouvés aussi aux quatre premières places en play-offs, simplement dans l'ordre inverse. Ils auraient voulu le faire exprès qu'ils n'y seraient pas parvenus...
Les Québécois de Rouen ont dominé le championnat. Un international français (le buteur Julien Desrosiers) s'est glissé parmi eux, puisque le quatrième Canadien officiel (Éric Houde) n'a pas eu la même efficacité, apportant tout de même son écot par un triplé en finale de la Coupe de la ligue.
Et même si la fédération prévoit de limiter d'un cran supplémentaire les joueurs hors Union Européenne, les Dragons ont déjà démontré qu'ils ont la parade : les doubles passeports. L'étudiant canado-belge Olivier Bouchard a été la bonne surprise de l'année. Son engagement physique, perturbant les défenses adverses, en a fait mieux qu'un joueur de complément. Aucun règlement ne semble pouvoir empêcher les Dragons de cracher le feu.
Le principal ennemi des Rouennais, c'était eux-mêmes. Mais cette année, même les stars comme Carl Malette ou Marc-André Thinel ont fait leur part de travail défensif. Les lignes arrières ont fait parler leur expérience quand ça comptait vraiment, Sopko aussi, et les Rouennais n'ont jamais été menacés au cours d'une fin de saison tonitruante : revanche à Grenoble pour prendre la tête sur le fil, puis parcours phénoménal en play-offs.

Deuxième : Briançon. Cette première place de la saison régulière, les Diables rouges devraient la regretter longtemps. Elle a bêtement été abandonnée à cause d'une défaite en prolongation à Épinal à l'avant-dernière journée de la saison régulière, et il ne faut jamais rien lâcher à un Dragon... L'avantage de la glace aurait-il changé quelque chose en finale ? Peut-être pas. Mais il aurait donné plus de confiance à Briançon, et surtout il aurait permis au public local d'apprécier encore plus l'évènement, au lieu de l'accueillir alors que le sort semblait déjà inéluctable.
Même si de bonnes performances du gardien Christian Bronsard avaient permis de prendre la revanche sur Grenoble en demi-finale, Briançon n'avait pas la puissance offensive qui lui aurait permis de rivaliser avec Rouen. Celui qui devait constituer le principal danger, John Christian Ruid, n'a jamais convaincu les supporters. À chaque but, l'entraîneur Luciano Basile montait au créneau pour défendre sa recrue malgré tout efficace dans la zone de vérité, mais il a fini lui-même par le bouter hors de la première ligne, excédé de sa lenteur et de sa nonchalance. Si l'on ajoute à cela l'échec de Simo Vidgren, qui n'a presque servi à rien, on se dit que le recrutement n'a pas connu la réussite habituelle.
Néanmoins, derrière ces joueurs très en dessous des attentes, il y a eu des bonnes surprises dont on ne se doutait pas. Damien Raux a ainsi amené la profondeur de banc qui manquait l'an dernier et a même été intégré à l'équipe de France en sachant saisir chaque opportunité en bleu. Et surtout, le centre slovène Mitja Sivic, initialement réduit à jouer les dépanneurs sur les positions offensives, a pris un rôle de plus en plus important jusqu'à devenir le meilleur marqueur de son équipe en play-offs. Comme le défenseur offensif Alexandre Rouleau, il est allé monnayer son nouveau statut à Grenoble. Le flair de Basile sera à nouveau sollicité pour le recrutement.
Même si la saison n'a toujours pas amené de titres, elle a au moins rassuré sur l'avenir du club. Réélu maire de la commune, Alain Bayrou a pu passer la main en douceur à la tête des Diables rouges, enfin débarrassés des poursuites à leur endroit.
Troisième : Grenoble. En ouvrant le championnat par neuf victoires, le tenant du titre Grenoble semblait encore maîtriser la situation. La transformation du roublard Patrik Valcak en distributeur de jeu aux côtés de Masa et Broz donnait vie à une première ligne tchèque qui allait malheureusement disparaître dans les moments importants.
L'élimination en Coupe Continentale, outre qu'elle a brisé l'élan isérois et laissé Eddy Ferhi sur le carreau pendant quelques semaines difficiles, avait déjà donné les clés des difficultés grenobloises. Ces leaders offensifs éteints quand l'intensité monte, par exemple. Malgré son talent dans son registre complet, le champion de Suède Mikael Pettersson ne pouvait pas se substituer aux buteurs espérés. Mais surtout, ces tirs au but...
Broz ou Valcak avaient fait étalage de leurs qualités en penalty au cours de la saison régulière. Les Grenoblois pouvaient même apparaître comme des spécialistes de l'exercice, qui leur a offert la Coupe de France. Ils ne s'étaient inclinés aux tirs au but qu'en Coupe Continentale... avant d'y succomber deux fois en demi-finale. S'en remettre à cette loterie était déjà une faiblesse, puisque ces mêmes buteurs attendus n'avaient pas su faire la différence plus tôt.
Le coaching de Mats Lusth, qui compte sur peu de joueurs, avait renversé l'avantage de profondeur par rapport à une équipe briançonnaise qui avait retenu la leçon de l'an passé et allongé son banc. L'équilibre n'a jamais été atteint dans le vestiaire, et les rumeurs de dissensions ont couru toute l'année. Grenoble a vécu cette phase où tout le monde n'est pas aussi impliqué, où les efforts sont moins partagés. Cela s'appelle la difficulté de conserver son titre, et même Rouen peut en témoigner.

Quatrième : Angers. Un gros club du championnat qui démet son entraîneur de toute fonction en plein milieu de la saison, c'est assez rare en France. C'était arrivé il y a cinq ans avec Derek Haas à... Angers.
L'ASGA ne semblait pas en crise cette fois. Elle occupait la tête du classement, et son premier trio paraissait alors être l'un des tout meilleurs du championnat. Éric Fortier en était le meneur attendu, avec Michaël Tessier dans un rôle plus altruiste que précédemment et Tomas Baluch qui imposait son gabarit devant la cage. Derrière, le défenseur offensif Éric Lavigne et le rude Pavol Mihalik, redouté pour ses charges à la hanche, complétaient cet étonnant début de saison.
Mais derrière ce tableau apparemment idyllique, une fissure s'ouvrait discrètement dans le vestiaire. Elle a commencé à apparaître au grand jour lors de la défaite à Épinal juste avant la trêve de décembre (9-5), en l'absence préjudiciable de son indispensable leader Fortier. La pause internationale s'avérait mouvementée puisque l'entraîneur François Dusseau, qui avait construit cette équipe angevine, était écarté à la demande de ses propres joueurs. La rupture était largement partagée au sein du groupe. La relation humaine qui s'était forgée sur le banc entre le coach et son président Mickaël Juret était la première à pâtir de cette mise à pied conclue par un licenciement.
L'ex-sélectionneur Heikki Leime avait donc la mission particulière de prendre en main une équipe qui avait déjà de bons résultats. Il apportait sa touche personnelle, en donnant du temps de glace aux joueurs qui se morfondaient sur le banc (Yven Sadoun et le jeune défenseur Nicolas Deshaies) et en établissant une configuration un peu plus défensive. Les compatriotes du nouveau coach jouaient alors un rôle plus important dans une équipe devenue moins dépendante de sa première ligne en déclin.
Les Ducs avaient semblé trouver un nouvel équilibre, mais après la formidable année 2007, les héros ont semblé fatigués. Ils se sont contentés d'attester leur présence parmi les meilleurs avec une demi-finale en coupe puis en championnat.

Cinquième : Morzine-Avoriaz. La ligne nord-américaine s'en était allée, et avec elle, une bonne partie de l'efficacité d'un powerplay redevenu quelconque. Morzine-Avoriaz n'avait plus les moyens offensifs de se mêler aux leaders et les a regardés de plus loin.
À défaut de pouvoir renverser des montagnes offensivement, les Pingouins ont compensé en gardant quand même su garder un total stable de buts encaissés. Une des raisons est à rechercher dans la très bonne saison réussie par Mathieu Mille, qui a été l'arrière le plus solide défensivement et qui a ainsi regagné sa place en équipe de France.
Le HCMA a ainsi pu prendre la cinquième place, celle qui lui garantissait un quart de finale abordable face à Angers. Avec le même esprit conquérant qu'un an plus tôt, les Pingouins ont mené une manche à zéro puis deux manches à une, mais ont fini par s'incliner à l'usure.
L'exercice 2007/08 aura tout de même permis de constater le retour en forme des frères Rozenthal, à qui l'air de la montagne a fait autant de bien qu'à leur complice Jon Zwikel. Si la ligne Tardif-Neiszner-Ågren a mené la danse en début de saison, celle de Zwikel et des jumeaux a été la plus performante par la suite. Elle préfigure déjà la future orientation prise par le club, qui, en réduisant la voilure, la colorera aussi en bleu-blanc-rouge.
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