LES ORIGINES DE L’AME RUSSE vol 1

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LES ORIGINES DE L’AME RUSSE vol 1

Message  jimmyolsen le Lun 1 Sep - 11:15:02



Dans ce texte, je vais tenter de vous expliquer le plus clairement possible quelle est l’origine de l’âme russe, sujet au combien sensible depuis l’avènement de l’Union soviétique, du retour de la Russie sur la scène internationale et les raisons pour lesquelles les Etats membres de la Communauté des Etats Indépendants et Etats ex-Républiques soviétiques tremblent à la simple évocation que l’ours russe serait en train de se réveiller. La Russie serait-elle redevenue l’ogre soviétique qui menaçait sans cesse de faire basculer le monde dans l’hiver nucléaire ? Non, sans aucun doute. La raison principale en est que l’Union soviétique n’a jamais menacé le monde libre comme la propagande occidentale, et principalement américaine, a tenté de nous en persuader durant des décennies. A présent que des archives de tailles gigantesques extraites des bibliothèques du Kremlin, du GRU (Intelligence militaire soviétique), du KGB (Intelligence politique et économique soviétique), de la SED (Intelligence politique polonaise), de la Stasi (Intelligence politique, économique et militaire est-allemande) entre autres, sont librement disponibles, il n’est plus permis d’en douter. Si nous voulons comprendre les dix dernières décennies russes, nous devons comprendre que la politique soviétique, puis russe, répondait à un schéma de pensée qui s’est forgé dès son origine. Il faut aussi savoir que la pensée russe est tiraillée par une double appartenance à l’Europe et à l’Asie, qui la fait ponctuellement pencher d’un côté, puis de l’autre, sans qu’aucune stabilité ne se forme dans les choix géostratégiques. L’âme russe est aussi emprunte d’une forte dose de paranoïa (osons le mot), d’un profond sentiment que la Russie est perpétuellement assiégée, mais aussi qu’elle ne peut, concrètement se défaire d’une volonté d’être soumise à une puissance totalitaire garante de sa sécurité. Cela peut surprendre lorsqu’on n’est pas un spécialiste de la Russie, mais ça peut tout à fait se comprendre lorsqu’on se penche sur son histoire. C’est ce que nous allons faire ici, bien que sommairement.

Si nous voulons comprendre la nature de plus en plus conflictuelle que la Russie entretient avec ce que nous nous contenterons ici d’appeler le monde occidental, il faut revenir très loin dans l’histoire de la Russie. Je dirai même jusqu’aux origines, puisque c’est là que née l’âme russe et ce sentiment éternel d’être menacée qui caractérise ce peuple de la frontière ukrainienne aux rives du Pacifique. Tout d’abord, il fut bien se poser la question de savoir qu’est-ce qu’un russe ? Pour faire simple, il n’est pas russe. Incohérent ? Non, certainement pas. En vérité, il ne faut jamais perdre de vue que les interminables champs de blés ukrainiens étaient leurs propriétés depuis aussi longtemps que l’histoire est en mesure de nous entraîner, qu’ils étaient les sujets du Prince de Kiev et que jusqu’en 988, ils formaient une peuplade de paysans pratiquant le paganisme et que si le Prince de Kiev Vladimir ne les avait pas converti massivement au christianisme, ils auraient tout aussi bien pu devenir musulmans ou juifs, puisque cela faisait près d’un siècle que des membres de ces clergés venaient visiter les princes successifs de Kiev pour le persuader d’adopter leur religion. La conversion au christianisme lui-même ne fut pas une affaire de tout repos, puisque deux conceptions du christianisme se disputaient les faveur du Prince. A Kiev, avaient quasiment élu domicile des princes allemands envoyés par le Pape qui faisaient pression sur lui pour qu’il se rallie à Rome. Il y avait aussi un moine Nestor qui tentait de persuader Vladimir de se rallier à la rivale de Rome, Constantinople. Pourtant, ce ne sont pas toutes ces pressions qui vont entraîner la Principauté de Kiev à adopter l’orthodoxie byzantine comme religion d’Etat, (Puisque la religion du prince étant celle de son peuple). En fait, c’est le souvenir de la grand-mère de Vladimir, Olga, morte en 969, qui va faire la différence puisque elle s’était déjà convertie au christianisme orthodoxe byzantin. Néanmoins, cette conversion ne conduit pas à une période de paix entre Byzance et Kiev consécutive à une période de grands troubles durant lesquels l’Empire byzantin s’était approprié la Crimée, auparavant territoire de la principauté de Kiev. Pire, Vladimir pense que sa conversion pourrait signifier aux co-empereurs de Byzance Basile II et Constantin VIII qu’il chercherait à se ranger sous le drapeau d’un empire qu’il ne reconnaît pas et qu’il ne peut reconnaître puisque étant agresseur. Aussi, le Prince de Kiev met les choses au point en prenant d’assaut la grande forteresse byzantine de Cherson, en Crimée, reconquiert ensuite la région, ce qui lui permet de forcer la main des deux co-empereurs, demander la main de leur sœur Anne pour s’assurer que Byzance ne l’attaquera plus à l’avenir et finit par achever le baptême de l’ensemble de son peuple que l’on appelait alors, les « Rous ».

A ce stade, il faut comprendre que la Principauté de Kiev n’était pas ce que nous appelions alors une puissance. La capitale n’était qu’une petite bourgade dont les habitations et la forteresse étaient faites de bois et de paille. Son armée n’était pas constituée et se formait au grès des conflits qui la menaçaient. La cour princière était composée de personnages sans éducations, sans trop d’ambition, et soumise à l’humeur souvent barbare du maître des lieux. Il n’y avait pas d’éducation organisée pour les enfants des nobles et le peuple ne vivait que pour et par l’agriculture de subsistance. Politiquement, le Prince n’avait aucune autre volonté que d’assurer sa survie et ne nourrissait aucune ambition hégémonique hors de ses frontières. Pourtant, la principauté ne tarda pas à s’étendre vers le nord, non pas par la guerre, mais par le soucis des autres peuples et clans de se faire protéger contre les menaces extérieurs que représentaient les lettes (futurs lettons), les estes (futurs estoniens), les polonais, les lituaniens, les Caréliens (futurs finnois), les hongrois, les petchenègues, les coumans, les khazars et les bulgares de la Volga. C’est ainsi que la principauté s’étendit peu à peu et sans heurts de Ladoga (proche de l’actuelle Saint Petersbourg, à Mourom (à l’est de Moscou), à Riazan, pour longer la mer d’Azov et à l’ouest s’étendre jusqu’aux Carpates.
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