CORRUPTION DE LA JUSTICE : BRUXELLES MENACE BUCAREST

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CORRUPTION DE LA JUSTICE : BRUXELLES MENACE BUCAREST

Message  thierry.F le Sam 27 Sep - 10:25:11



Interrogé sur la Deutsche Welle, le parlementaire allemand Günther Krichbaum (chrétien démocrate) a récemment défendu l’idée que la Roumanie n’avait enregistré que des « régressions systématiques » depuis son adhésion à l’Union européenne (UE). Dans le même esprit, Tom Gallagher, professeur à l’Université de Bradford en Grande-Bretagne, a déclaré dans le Financial Times que Bruxelles n’avait pas réussi à imposer ses valeurs à la Roumanie, pays « désarmé par une élite encline à simuler le changement ».

En réponse à ces critiques, le ministre roumain des Affaires étrangères Lazăr Comănescu a déclaré au quotidien américain International Herald Tribune que ceux qui pointent une absence de progrès en matière de lutte anti-corruption le font « de manière simpliste » puisque la Roumanie est bel et bien « engagée dans une bataille contre la corruption ».

Dans son rapport consacré à la réforme de la justice et à la lutte contre la corruption en Roumanie, la Commission européenne constate, pour sa part, que Bucarest a enregistré « des progrès lents mais constants » et que « les résultats bien que modestes, sont encourageants ».
L’exécutif européen constate qu’une « série de mesures importantes » ont été prises, saluant notamment les efforts du Ministère public et du Parquet national anti-corruption (DNA) pour leurs enquêtes impliquant des personnalités politiques de « haut rang » dont plusieurs anciens ministres et membres du Parlement.

Le document d’évaluation de la Commission prend également acte de la création de l’Agence nationale pour l’intégrité (ANI), concédant qu’il est toutefois trop tôt pour évaluer son activité.

Les résultats de la réforme de la justice et de la lutte contre la corruption à haut niveau restent pourtant trop peu nombreux, comme le souligne le secrétaire de la Commission européenne chargé de l’évaluation politique des changements en Roumanie. « Les décisions de justice restent trop indulgentes et trop insignifiantes », fait-il remarquer, soulignant la fragilité de la législation en vigueur, des institutions et de l’administration compétentes. « Il est important que le Parlement fasse preuve d’un engagement sans équivoque en vue d’éradiquer complètement la corruption à haut niveau. »

Sur l’ensemble de l’année 2007, vingt cas de détournements de fonds européens ont été recensés dans le rapport annuel de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) [1] pour la Roumanie, dont quatorze en lien avec l’aide extérieure, cinq dans le domaine de l’agriculture et un cas concernant le commerce de cigarettes.

Toujours selon le rapport de l’Olaf, la Roumanie est, en 2007, l’État membre qui a traité le plus grand nombre de cas de fraudes aux fonds européens. Au total, les enquêteurs communautaires et le Département de Lutte anti-fraude du gouvernement roumain ont lancé dix enquêtes dont trois dans le domaine de l’agriculture et sept dans celui de l’aide extérieure.

[1] L’Olaf est l’organisme qui lutte contre les détournements de fonds européens
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