Un vade-mecum pour japonisant né dans une cuisine

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Un vade-mecum pour japonisant né dans une cuisine

Message  emarcel le Jeu 9 Oct - 15:43:45



Tous les étudiants francophones en japonais le connaissent: jusqu'à une date récente, le Diko était le seul dictionnaire bilingue dans lequel les mots japonais étaient écrits en caractères romains. Donc le seul utilisable par ceux qui ne maîtrisent pas encore les 1.945 idéogrammes chinois et les deux "alphabets" de 46 caractères chacun employés dans la langue japonaise.
Ce vade-mecum du japonisant, au format de poche, est entièrement rédigé par un couple installé à Tokyo, Jean-Yves Lamant et Fumiko Terada, pendant leur temps libre. Il est fabriqué sur papier-bible par un imprimeur traditionnel japonais ("personne ne voulait le faire en France", explique M. Lamant) et entassée dans des cagibis chez les Lamant, à Tokyo et en Moselle (est de la France), en attendant que le fax crache les commandes des libraires.
Le Diko, qui fête cette année ses 20 ans et sa 7e édition, "est fait pour faciliter l'apprentissage de cette langue réputée compliquée", explique M. Lamant, un sidérurgiste arrivé en 1983 dans le cadre d'un échange d'ingénieurs au Japon, où il rencontre sa future épouse et co-éditrice du Diko.
Le couple sort le premier dictionnaire en 1988 après des années de travail minutieux: M. Lamant tape les mots en caractères romains sur sa machine à écrire Hermès de 8 kilos. Mme Terada calligraphie à la suite les caractères japonais.
Faute d'éditeur intéressé, une souscription familiale permet de rassembler les 700.000 francs (107.000 euros) de coûts de fabrication.
Les premières éditions sont loin d'être parfaites ("il manquait les mots jeudi et vendredi", s'amuse M. Lamant) mais les remarques des lecteurs permettent de corriger la plupart des erreurs et omissions. Outre la partie dictionnaire classique, le Diko est riche en annexes originales: une liste des poissons comestibles, une initiation aux dialectes régionaux du Japon, un lexique des onomatopées, très utilisées en japonais...
S'adressant à un public réduit et ne bénéficiant d'aucune publicité, le Diko parvient pourtant à être référencé chez les principaux libraires en France et au Japon. Quelques japonisants particulièrement enthousiastes se prennent d'affection dévorante pour le petit dictionnaire: l'ex ministre français de l'Economie Francis Mer en achète ainsi 850 d'un coup.
Le Diko bénéficie aussi d'un coup de pouce inattendu quand M. Lamant, dans un avion entre Tokyo et Paris, tombe nez à nez sur l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing. Lequel accepte de rédiger la préface.
Pour la dernière édition, l'ex chef d'Etat a cédé sa plume de préfacier à Carlos Ghosn, PDG des groupes automobiles Nissan et Renault et utilisateur du Diko. L'implication de ces célébrités "a beaucoup facilité la carrière du dictionnaire dans les librairies au Japon, pays où les références jouent un rôle extrêmement important", se félicite Jean-Yves Lamant.
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