APOCALYPTO

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APOCALYPTO

Message  jimmyolsen le Lun 14 Juil - 12:09:18



APOCALYPTO
Mel Gibson
Aventure
Avec Rudy Youngblood, Dalia Hernandez et Jonathan Brewer.

Ce qu’il y a de génial avec Mel Gibson, c’est que les films qu’il a réalisé semblent être tout droit sortis de bandes dessinées. Ainsi, la Passion du Christ paraissait sortir tout droit des livres de catéchisme des années 50 qui trainaient dans les presbytères des églises dans lesquels on disait la messe en latin. Pour Apocalypto, c’est un peu la même chose. Il y a là comme un sentiment de déjà vu et pas forcement vu récemment. En regardant le début du film, on en vient à penser à Hergé et son Temple du soleil, ce qui en soit, n’est pas forcement une critique. Qui, dans sa jeunesse (enfin, celle durant laquelle on lisait encore et où on ne passait pas des heures devant sa playstation 3 ou sa DS –qui n’a rien à voir avec le modèle de chez Citroën), n’a pas rêvé en lisant les aventures de Tintin (accessoirement de Milou) en Amérique du sud ? Eh bien, dans trente ans, beaucoup poseront cette même question au sujet d’Apocalypto : qui n’a pas rêvé en regardant les aventures de Pattes de jaguar ? Sauf que si le cadre est somptueux, avec une faune dont ne rêve plus que les plus radicaux des écologistes, au milieu du XIVème siècle, au déclin de l’Empire Maya rongé par la plus abjecte décadence, il n’en demeure pas moins que les deux heures trente de durée de film expose une violence qui dépasse de très loin le calvaire vécu par le Christ. Récapitulons : Patte de jaguar est capturé par une tribu guerrière voisine, puis s’enfuit pour sauver sa femme enceinte qu’il a abandonnée derrière lui. Durant cette course-poursuite, échappant miraculeusement aux flèches et à la haine de ses ennemis, il accède au rang de demi-dieu. C’est à peine si le spectateur se rend compte que les dialogues se déroulent en yucatèque entre comédiens autochtone. Et tandis que les images défilent, sans qu’il ne le réalise vraiment, c’est tout un pan de la philosophie européenne qui est ébranlée, la pensée rousseauiste qui s’ébrèche. Exit les bons sauvages pacifiques et épris d’arts et de beauté. Exit la nostalgie pour un monde très Francis Cabrel « C’était mieux avant ». Le monde maya n’est plus que brutalité, guerres, esclavage, sacrifices humains à des dieux sans pitiés, destructions et avilissements, ce qui empêchera ses différentes composantes de se réunir pour combattre un envahisseur espagnol qui n’avait pourtant rien d’un foudre de guerre. La question qui se pose alors est de définir si ce film épouse la réalité historique. Le débat est lancé, mais il est certain que les spécialistes, s’ils ne reconnaissent pas à ce film une grande rigueur historique, il n’en demeure pas moins qu’ils le trouvent plus près de la réalité que les productions qui ont vu le jour durant les cinquante dernières années. Seul bémol qui tient plus à la personnalité de Gibson : bien que païen, le héro, au fil des minutes, prend une figure christique qui ne devrait pas avoir sa place au regard d’une société qui prétend avoir été composée avec une forte volonté de correspondre à la réalité de l’époque.
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