Vladimir Nabokov

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Vladimir Nabokov

Message  jimmyolsen le Jeu 7 Aoû - 13:06:01



Issu d'une famille aristocratique russe, le jeune Nabokov reçoit une solide éducation ; dès sept ans, il parle l'anglais et le français, aidé par ses gouvernantes étrangères et « le voisinage d'une bibliothèque de cent mille ouvrages ».
Nabokov vit une enfance heureuse. Son père est un homme politique libéral, élu à la première Douma russe puis ministre du gouvernement Kerensky après la chute du tsar.
La Révolution russe pousse la famille Nabokov à s'exiler à Berlin, où vit une importante communauté de Russes exilés. Le jeune Vladimir y publie ses premiers textes dans le journal émigré Roul. L'assassinat de son père par des monarchistes russes, puis la montée du nazisme, poussent Nabokov (qui a épousé Véra Slonim, elle-même juive, et qui lui donne un fils, Dimitri) à quitter l'Allemagne en 1936 pour s'installer à Paris puis à Londres. Il suit des études de langues slaves à Trinity College (Cambridge).
Le jeune homme y commence des études de lettres et son premier roman, Machenka, lui vaut un début de célébrité parmi les émigrés russes d'Angleterre. Sa notoriété s'accroît en 1928 avec Roi, dame, valet. Les premières œuvres de Nabokov sont toutes écrites en russe. Avec La Défense Loujine, Nabokov à peine diplômé est devenu un écrivain russophone de renom.
Lorsque l'URSS propose au jeune écrivain de revenir s'installer dans son pays, il refuse et préfère enseigner la littérature dans les grandes universités des États-Unis d'Amérique. Dès 1941, à Londres, Nabokov écrit un roman qui marque le plus grand tournant de sa carrière d'écrivain : La vraie vie de Sebastian Knight. Pour la première fois, Nabokov écrit un roman en anglais et non dans son russe natal. Son style devient totalement abouti et le livre lui-même peut être présenté comme un manifeste de son travail.
Il part ensuite vivre aux USA où il enseignera à l'Université Cornell. En 1945 Nabokov est naturalisé américain. La publication de Autres Rivages, un récit de ses souvenirs d'enfance lui vaut la reconnaissance littéraire tant attendue aux États-Unis. La consécration vient ensuite avec le succès de Lolita en 1955. Le roman fait scandale, mais la critique y reconnaît déjà un chef-d'œuvre. Le livre est adapté au cinéma par Stanley Kubrick en 1962, puis de nouveau par Adrian Lyne en 1997. Cette histoire raconte l'amour passionné et charnel d'un Européen, nommé Humbert Humbert, pour une jeune « nymphette » américaine de douze ans. Il publie ensuite Feu pâle (1961), dont la construction autour de trois histoires imbriquées constitue une phénoménale mise en abyme.
Nabokov se caractérise par la dextérité, l'ingéniosité de son style et par sa position d'auteur intermédiaire entre les littératures russe et américaine. En outre, une imagination débordante, l'usage de la parodie, de la satire, ainsi que des jeux de mots dans différentes langues contribuent à sa consécration.
En 1959, il s'installe en Suisse, dans un hôtel de Montreux, où il demeure jusqu'à sa mort. Il adapte alors ses premiers romans en russe dans des versions anglaises, souvent avec le soutien de son fils Dimitri. Il travaillera également de longues années à Ada ou l'ardeur, son dernier roman. Œuvre monumentale, son livre le plus long, il est celui « pour lequel j'aimerais que l'on se souvienne de moi ». En vain : plusieurs décennies après sa mort en 1977, l'auteur d'une quarantaine de romans est essentiellement connu pour Lolita.
Vladimir Nabokov est aussi un distingué lépidoptérologiste. Dans les années 1940, il fut chargé de l'organisation de la collection de papillons du Museum of Comparative Zoology de l'Université Harvard. Ses écrits dans ce domaine sont très pointus et on lui doit la création de nombreuses espèces. Comme il était en outre spécialisé dans la peu spectaculaire sous-famille Polyommatinae des Lycaenidae, cet aspect de son œuvre et de sa vie a été peu étudié.
Le paléontologue et écrivain Stephen Jay Gould a évoqué, dans un de ses essais (réunis dans le volume I Have Landed), les papillons de Nabokov. Il y note que celui-ci était à l'occasion un scientifique stick-in-the-mud (borné, qui ne veut rien savoir) ; en particulier, il n'a jamais accepté que la génétique ou le nombre de chromosomes soient des critères permettant de distinguer les espèces d'insectes. Gould note aussi que de nombreux supporters de Nabokov ont tenté d'attribuer une valeur littéraire à ses écrits scientifiques. À l'inverse, d'autres prétendent que son œuvre scientifique enrichit son œuvre littéraire. Gould, lui, défend une troisième voie et accuse les deux précédentes de sophisme. Au lieu de considérer que l'une des deux facettes du travail de Nabokov a causé ou stimulé l'autre, il avance que les deux facettes naissent de l'amour de Nabokov pour le détail, la symétrie et la contemplation.
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