SPATIAL : LA RUSSIE DE RETOUR ?

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SPATIAL : LA RUSSIE DE RETOUR ?

Message  jimmyolsen le Sam 7 Juin - 14:56:23



L'importance de l'exposition russe au Salon aéronautique international ILA-2008 qui s'est déroulé du 27 mai au 1er juin à Berlin peut être qualifiée d'historique. Ce n'est pas seulement une histoire de surface, ni de prestige des firmes qui ont exposé au salon: RKK Energuia, le centre spatial Khrounitchev, les centres Progress, Energomash, le groupement science-production Lavotchkine, etc. Le fait est que même si l'Agence fédérale spatiale russe (Roskosmos) met en oeuvre ne serait-ce que partiellement les programmes présentés à Berlin, l'astronautique russe s'acheminera vers un véritable triomphe en mesure de lui rendre sa grandeur d'antan.
Bien plus, outre une quantité limitée de moteurs de fusée conçus il y a longtemps, la Russie pourra désormais alimenter le marché mondial également en systèmes satellitaires modernes.
Commençons par citer l'article d'Anatoli Perminov, directeur de Roskosmos, diffusé au Salon ILA-2008.
Son sens se réduit à ceci: la Russie doit occuper une place de leader dans différents secteurs du marché international des services spatiaux, particulièrement dans le domaine des fusées porteuses et des satellites d'usage divers.
"L'industrie russe de construction de fusées spatiales occupe une place relativement importante dans les secteurs du marché mondial de production de matériel spatial (plus de 8% en volume). L'accroissement de la part de marché de la Russie dans le segment de la production d'appareils spatiaux est possible en s'appuyant sur les marchés aussi bien intérieur qu'étrangers.
La composante principale de la stratégie de l'industrie russe des fusées spatiales sur le marché spatial international est le renforcement de ses positions concurrentielles sur les marchés traditionnels, notamment le maintien de ses positions de leader sur le marché des lancements commerciaux (30% en volume) et l'extension de sa présence sur le marché de la production d'appareils spatiaux commerciaux", lit-on dans l'article d'Anatoli Perminov.
La perspective d'une activité spatiale visant à réaliser des bénéfices et à être rentable pour l'économie du pays est très claire. Mais il y a tout de même quelque chose d'inquiétant: l'écart certain qui existe entre les résultats des affaires actuelles et toutes ces perspectives radieuses.
Citons l'exemple du marché des lancements. L'année dernière, la Russie a occupé, une fois de plus, la première place pour le nombre de lancements de fusées porteuses. Les fusées ont décollé 26 fois, ce qui représente 38,5% du nombre total de lancements dans le monde. Il est à noter que, dans 9 cas, ces fusées ont emporté une charge utile étrangère dans le cadre de programmes commerciaux.
En 2006 et 2005, le pays a également occupé la première place pour le nombre de lancements, y compris commerciaux. Les statistiques disponibles pour 2005 attestent que la répartition des revenus entre les pays qui ont participé à des programmes spatiaux commerciaux ne correspond pas au nombre de lancements. Ainsi, c'est l'Europe qui a gagné le plus d'argent en effectuant cinq lancements de fusées Ariane-5 (490 millions de dollars), puis viennent la Russie (350 millions de dollars pour 8 lancements), le projet international Sea Launch (280 millions de dollars pour 4 lancements) et les Etats-Unis (70 millions de dollars). Même en tenant compte de la part de 25% que détient RKK Energuia dans les revenus du programme Sea Launch, la Russie reste à la deuxième place.
Il est peu probable que le tableau ait aujourd'hui sensiblement changé par rapport au passé récent.
Cependant, en faisant abstraction des éventuelles bévues au cours des négociations et en parlant uniquement de l'aspect matériel, les perspectives de rattraper et de devancer le consortium européen Arianespace existent, et elles sont même appréciables. Espérons que la production des différents types de lanceurs développés depuis longtemps dans le cadre du programme Angara du Centre Khrounitchev ne se fera pas attendre trop longtemps. En outre, Alexandre Kiriline, chef du bureau d'études Progress à Samara, a déclaré à Berlin que son entreprise était en train d'élargir la gamme des célèbres fusées porteuses Soyouz.
En plus de la construction des fusées de classe moyenne et des fusées Soyouz-2 capables d'emporter une charge plus importante et destinées aux lancements à partir du Centre spatial guyanais à Kourou, il est prévu de construire des lanceurs légers Soyouz-1 destinés à placer une charge utile sur des orbites basses.
"C'est un lanceur inoffensif du point de vue écologique, fiable et relativement peu coûteux qui partira des positions techniques existantes", a déclaré M. Kiriline. Il estime que le marché des lancements sur des orbites basses est aujourd'hui l'un des plus dynamiques, et représente 15 à 18% de tout le spectre de charge utile dans le monde.
Par conséquent, si les programmes Angara et Soyouz-1 sont mis en oeuvre, la Russie sera représentée sur le marché des lancements par tous les types de fusées porteuses contemporaines.
Passons maintenant aux satellites. Il est bien connu que la longévité est loin d'être le point fort des appareils russes actuels. Ainsi, les vieux satellites du système de navigation GLONASS ne parviennent pas à dépasser les 5 années de fonctionnement actif. En fait, c'est dans une grande mesure la trop courte durée de fonctionnement de la composante orbitale qui empêche d'utiliser efficacement le GLONASS ne serait-ce que pour les besoins des forces armées russes.
A en juger par les pièces exposées au salon par l'entreprise Systèmes d'information satellitaires (NPO PM), la situation devrait changer radicalement. En plus du nouveau satellite GLONASS-M déjà conçu et en cours de production, dont le délai de fonctionnement actif dépasse 7 ans, NPO PM a présenté un prototype de satellite sur la base de la plate-forme non hermétique GLONASS-K. La durée de fonctionnement de ces appareils devrait dépasser 10 ans.
La firme NPO PM a également présenté à Berlin des maquettes du satellite ultramoderne de liaison et de télévision Express-AM44, ainsi que du satellite de retransmission Luch-5A. Les deux appareils sont en cours de conception en coopération avec l'européen Thales Alenia Space.
Les firmes NPO PM et Alenia ont signé en avril un mémorandum prévoyant la livraison de composants russes pour les appareils spatiaux européens. "Si, hier, nous achetions la totalité de la charge utile à notre partenaire européen, si nous en produisons une partie aujourd'hui et effectuons l'assemblage chez nous, demain, nous commencerons à livrer certains éléments du satellite à l'Occident", a déclaré à Berlin Nikolaï Testoïedov, directeur général de NPO PM.
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