LE SPATIAL RUSSE SAUVE PAR LES ETATS-UNIS ?

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LE SPATIAL RUSSE SAUVE PAR LES ETATS-UNIS ?

Message  jimmyolsen le Jeu 21 Aoû - 20:21:50



Le début de cet été marquera une étape dans l'histoire contemporaine de l'astronautique russe. Par exemple, on saura si le Congrès américain est favorable à l'achat de vaisseaux habités Soyouz pour envoyer des astronautes américains à bord de la Station spatiale internationale (ISS). D'ailleurs, cette décision américaine sera beaucoup plus importante pour les intérêts russes que du point de vue des intérêts américains.
Le problème américain est simple et peut se résumer ainsi: après le retrait du service de la flotte Space Shuttle, en 2010, et avant le lancement d'un nouveau système de transport, à partir de 2013 selon les prévisions, la NASA ne possèdera plus aucun vaisseau spatial habité et ne pourra donc pas envoyer par ses propres moyens des astronautes sur la station orbitale.
Il serait exagéré d'affirmer que cette perspective préoccupe les dirigeants de la NASA. En août 2006, le président George W. Bush a annoncé que l'espace lointain serait désormais l'orientation principale de l'astronautique américaine. Depuis quelques années, les Américains appliquent consciencieusement le programme ISS, mais sans faire de zèle, après y avoir tout de même investi 100 milliards de dollars.
Il en va autrement de l'astronautique russe qui, on peut le dire sans crainte d'exagérer, ne s'occupe actuellement que de l'ISS. Jugez-en par vous-mêmes. Ce programme engloutit actuellement, selon les données citées par Vitali Lopota, président de RKK Energuia, 600 millions de dollars par an, ce qui correspond à plus de 50% du budget spatial russe. Mais cet argent n'est certainement pas suffisant. D'après les estimations des experts russes, d'ici 2015, il faudra dépenser deux fois plus pour la station, c'est pourquoi la commande américaine de vaisseaux russes est effectivement nécessaire.
Ce qui est surtout significatif, c'est la mise en œuvre du programme ISS. Plus précisément, l'absence de mise en œuvre... En effet, la création du segment russe de la station n'est toujours pas achevée: sur 10 modules prévus, seuls trois fonctionnent aujourd'hui. De plus, ils rencontrent des problèmes en raison d'un déficit d'énergie. En outre, le système de liaison, base primordiale du travail dans l'espace, laisse à désirer, pour ne pas dire plus. On a beaucoup parlé des lacunes du programme scientifique effectué à bord de la station orbitale. En tout cas, aucun rapport exhaustif prouvant que la science spatiale a amélioré les conditions de vie sur Terre n'a encore été présenté.
Fait paradoxal: bien que la situation actuelle de ce programme piloté soit peu impressionnante, celui-ci avait presque été qualifié de salutaire au cours de la crise des années 90, lorsque la construction de vaisseaux habités Soyouz et de vaisseaux automatiques de transport Progress avait assuré la survie de l'industrie spatiale russe.
Cependant, dans ces conditions de préférence accordée aux programmes pilotés, l'argent manque pour le reste.
Nous perdons vertigineusement notre position dans l'espace scientifique, bien que nous ayons été par le passé numéro un dans ce domaine, a constaté le 4 juin Iouri Ossipov, président de l'Académie des sciences de Russie. Depuis l'échec en 1996 de la mission Mars-96, nous n'avons pu lancer que deux appareils scientifiques. Nos nombreux projets sont ajournés d'année en année, pour finalement être abandonnés par les différents partenaires internationaux. Le projet très original de radiotélescope spatial RadioAstron en est un exemple éclatant: les Américains y avaient investi environ 100 millions de dollars, mais, étant donné que nous avons ajourné le lancement de cet appareil d'année en année en raison d'un manque de moyens, les Américains ont abandonné ce projet... Je tiens à le répéter: nous enfreignons constamment les délais de lancement des appareils, ce qui pose un sérieux problème", a constaté avec regret le président de l'Académie des sciences.
Cependant, cela ne concerne pas seulement les programmes scientifiques internationaux. En ce moment, la Russie ne possède aucun appareil spatial scientifique. Les projets de météorologie spatiale et de sondage de la surface de la Terre à distance en sont encore à l'état embryonnaire.
A ce propos, il convient d'attirer l'attention sur une des particularités de l'approche des Américains. Pour être juste, il faut mentionner que cette particularité a été soulignée le 4 juin par Vitali Lopota dans son très intéressant article de fond sur les voies de développement de l'astronautique habitée en Russie. "Si l'on analyse attentivement le budget spatial des Etats-Unis, on constate que 95% de ses moyens sont dépensés pour l'exploration des orbites circumterrestres, avant tout de l'orbite géostationnaire, tandis que les missions d'exploration de l'espace lointain ne bénéficient, pour l'instant, au maximum que de 3 à 5% du budget".
Autrement dit, les déclarations politiques de George W. Bush sur l'espace sont une chose, et le besoin réel actuel de l'Etat américain en est une autre.
Il s'avère que la NASA, dont le budget est 14 fois plus important que celui de Roskosmos (Agence fédérale spatiale russe), n'est nullement pressée d'investir de grosses sommes dans l'étude des civilisations lointaines et, d'ailleurs, dans la cosmonautique habitée dans son ensemble, et qu'elle préfère accorder son attention, comme au bon vieux temps, à ce qui peut avoir un impact matériel et scientifique immédiat. Peut-être les Russes devraient-ils suivre plus attentivement les affaires de ce "partenaire"?
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