LE BILAN DE LA LIGUE MAGNUS Vol 2

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LE BILAN DE LA LIGUE MAGNUS Vol 2

Message  jimmyolsen le Mer 27 Aoû - 17:51:54



Sixième : Tours. L'ASGT s'est déguisé en petit promu pour masquer ses ambitions, mais celles-ci étaient sans doute supérieures aux résultats réellement obtenus. Bob Millette avait le secret espoir de réaliser un coup fumant en play-offs, mais il a subi les foudres de Briançonnais vexés qu'il se soit un peu trop réjoui de les rencontrer à la "faveur" d'une défaite pas vraiment regrettée à Amiens à la dernière journée de la saison régulière.
L'élimination sèche a été durement ressentie, et a eu pour conséquence d'occulter tout sentiment, car les objectifs seront forcément plus élevés l'an prochain. Les joueurs qui avaient participé à la remontée ont tous été renvoyés, sauf les exceptions Stepan et Drzik, derniers survivants de l'école de l'est.
Ce n'est pas le style de hockey qui convenait à Tours et à son entraîneur canadien. Le centre tchèque Martin Filip, ancien maître à jouer de Briançon, est vite devenu la tête de turc des supporters dans un contexte qui ne mettait pas en valeur ses qualités de passe mais faisait ressortir ses prises de risque. L'autre recrue-phare Miroslav Pazak, avec encore un autre type de hockey, bien plus individualiste, n'a pas eu l'efficacité suffisante pour vaincre les doutes.
Tous les Slovaques n'ont pas déçu par principe, à l'instar du vieux Jan Sebo qui n'a pas grand-chose à se reprocher, mais la décision est prise : cette équipe sera homogénéisée et "re-canadisée". Dominic Noël, dont Millette a regretté la blessure en début de saison, sera le point d'ancrage de ce remaniement de fond en comble, du jamais vu dans le hockey français.
Il faudra néanmoins se méfier : tout ce qui est parfumé au sirop d'érable n'est pas d'or. Les limites sur les extra-communautaires ont été justifiées par le préjudice causé au championnat par ces Canadiens qui filent en cours de saison dans des ligues non reconnues, sans le moindre recours légal pour leurs clubs. Tours en a été la première victime avec les départs impromptus du défenseur offensif Jonathan Gauthier, source de buts mais surtout de relances à l'adversaire, puis de celui qui lui a succédé, l'ex-Angevin Guillaume Rodrigue. Il faudra donc espérer que les futurs Canadiens aient vocation à rester, dans un environnement où ils devraient se sentir comme chez eux.

Septième : Dijon. Chaque année, le début de saison du CPHD est un peu pollué par des contretemps sérieux. En comparaison de la validation très difficile des comptes de 2006 et des doutes sur la qualification de l'équipe en Ligue Magnus, il est vrai que les problèmes de patinoire de cette saison font figure de petite péripétie. La fermeture pour cause de légionnellose a toutefois sérieusement gêné la préparation et obligé les Dijonnais à "tirer de l'arrière" une fois de plus avec des matches en retard.
Enfin chez eux, les Ducs ont réussi le carton plein lors de leurs derniers matches à domicile et arraché une huitième place presque inespérée. La qualification dans le derby contre Épinal a récompensé cette détermination. Malheureusement, le CPHD s'est brûlé en quart de finale face aux Rouennais.
Le système de Daniel Maric a buté sur l'écueil d'un recrutement défensif raté. Le lent Peter Strapaty, l'invisible Juraj Sadlon et le trop souvent mal placé Peter Lalka ne constituaient pas une arrière-garde redoutable. Les nouveaux attaquants slovaques ont été plus convaincants techniquement que ces arrières, mais pas toujours stables lorsque l'intensité montait.
Dans cette morne plaine, Aymeric Gillet a pourtant sorti son épingle du jeu, alors même qu'il jouait avec les ligaments du genou rompus depuis la fin novembre. Ses slaps ont souvent fait la différence, notamment lors de la qualification au premier tour des play-offs, et il est l'indéniable héros de la saison bourguignonne.

Huitième : Saint-Gervais/Megève. Le système de play-offs à douze avec tour préliminaire a ses défauts, mais il compte certainement de fervents supporters au pays du Mont-Blanc. L'Avalanche s'est en effet qualifiée deux fois en trois ans pour les quarts de finale en étant moins bien classée et en allant chercher son billet sur la glace adverse. En 2006, elle avait eu raison d'une équipe villardienne qui n'était plus portée par l'élan de son bon début de saison. En 2008, elle a réalisé un exploit plus retentissant encore en sortant un des gros clubs du championnat, Amiens. Les Picards ont finalement été battus par une équipe comptant le même nombre d'étrangers qu'eux (deux).
Le Mont-Blanc, en effet, n'avait pas eu de chance avec ses hockeyeurs finlandais. La saison du défenseur Markus Laine, qui avait été recommandé par Tamminen et avait pris des responsabilités offensives croissantes, s'était terminée prématurément par une entorse. Celle de l'attaquant Tuomas Tikkanen avait pris fin encore plus tôt, lorsqu'il s'est fait diagnostiquer une maladie de Crohn, une affection intestinale chronique qui l'a contraint à arrêter. Or, il était prévu comme l'organisateur du jeu du puissance, et son absence démunissait un front offensif toujours limité.
Les Haut-Savoyards ont su compenser par la solidarité d'un groupe qui a gardé chaque match serré contre Grenoble en quart de finale. Les deux recrues venues de l'Isère, Johan Morant et surtout Nicolas Antonoff, ont contribué à cette bonne saison. Leurs mises en échec ont apporté une dimension physique nouvelle à une équipe jusqu'alors un peu tendre. Quant au vénérable Christian Pouget, il n'a toujours pas l'intention de s'arrêter là et continue d'impressionner.

Neuvième : Amiens. Les craintes des supporters picards se sont avérées fondées. Leur équipe, de plus en plus poussive, a glissé vers le ventre mou du championnat. La sixième place a priori convenable en saison régulière masquait mal les réalités d'une différence de buts négative. Les Gothiques se rassuraient toujours en espérant donner le meilleur d'eux-mêmes en play-offs. La déception n'en fut que plus brutale. Éliminé avant les quarts de finale, Amiens est retombé à un niveau jamais connu depuis sa deuxième saison de Nationale A, en 1985.
Il manquait au HCAS un leader offensif. Les étrangers ne jouaient pas ce rôle : T.J. Guidarelli, mal adapté, était parti dès l'automne, et si Rod Stevens se fondait mieux dans la masse, il s'y fondait tellement qu'il en était invisible. Quant au défenseur tchèque Pawel Kowalczyk, son lourd lancer ne faisait pas oublier sa lenteur ni ses trop fréquentes erreurs de relance. Pendant que le duo Zwikel-Rozenthal retrouvait son efficacité à Morzine, les Gothiques n'avaient plus de meneurs. Le trio Gras-Mortas-Sadoun était seul là où il y avait habituellement deux vraies lignes à vocation offensive.
Les conséquences furent déchirantes. Denis Perez ne voulait pas assumer seul la politique "franco-française" initiée par un autre, le directeur sportif Antoine Richer, celui qui le mettait à la porte au bout du compte. Les dirigeants lui reprochèrent en retour de ne pas avoir adhéré au projet du club, occassionnant quelques règlements de compte par voie de presse. Les élections municipales apportèrent une autre surprise. La liste du maire sortant Gilles de Robien, avec Antoine Richer en dernière position et le président du HCAS Patrick Letellier en position éligible, était battue.
Letellier, qui avait prévu de passer la main pour entrer dans l'équipe municipale, décalait sa démission, qu'il avait annoncée à chaud après l'élimination quoi qu'il arrive aux élections. Il a voulku prendre le temps d'assurer la nécessaire transition. La première année du projet de trois ans s'est ainsi transformée en dernière année d'une époque. La remise à plat de l'organigramme commence.

Dixième : Épinal. Les Dauphins paraissaient menacés d'insatisfaction chronique, la faute à une certaine stagnation en cinq ans de présence au plus haut niveau. Mais cette saison a été porteuse d'espoirs. Au lieu de répéter les mêmes erreurs, on a vu les Vosgiens changer de visage. Au sein des pistes de recrutement plus diversifiées, il y a eu du bon grain et de l'ivraie, mais au moins on a l'impression de voir bouger les lignes et la situation évoluer.

Shawn Allard était arrivé comme homme du renouveau. Ce n'était bien sûr pas pour ses qualités sur la glace. Il fait le travail nécessaire dans le jeu sans palet, le contraire serait inquiétant pour un entraîneur-joueur, mais se réserver à soi-même une place sur une trop bonne ligne à l'occasion engendre forcément quelques suspicions de partialité. Ce que devait amener Allard, c'est une réorientation vers un recrutement plus canadien et un style plus direct.
Les fruits ont été récoltés avant tout en supériorité numérique. Les slaps de Stéphane Gervais, avec l'appui progressif de la présence dans le slot d'Ilpo Salmivirta, ont transformé le jeu de puissance spinalien, devenu le cinquième de la Ligue Magnus, avec une efficacité très proche des quatre cadors du championnat (sauf Rouen intouchable dans ce domaine).
En se découvrant d'autres armes, l'ICE n'était plus dépendante offensivement que du seul Jan Plch. Et heureusement, vu qu'il s'est blessé en début d'année. Un peu perdus sans lui au début, ses partenaires ont dû se forcer à quitter l'ombre pour marquer par eux-mêmes, à l'instar de son habituel complément Michal Petrak.
Malheureusement, un autre pépin allait se révéler fatal. Stanislav Petrik se blessait au genou au pire moment, la veille des play-offs. Le gardien slovaque venait justement de revenir en pleine forme depuis deux mois, après être passé très près d'une mise en cause à l'automne. Ce qui l'avait alors empêché d'être déchu, c'était l'inexpérience de sa doublure Franck Constantin.
Malheureusement, celui-ci était encore moins prêt à prendre la relève au pied levé à un jour des séries, surtout face à Dijon, traditionnelle bête noire des Dauphins qui avait déjà fait passer le pauvre Constantin d'un espoir de blanchissage à l'enfer lors de sa titularisation en novembre (3-0 à 3-4 en dix minutes qui avaient fait remonter la cote de Petrik). Quelques mauvais buts ont alors contribué à l'élimination d'une équipe moins confiante après ce coup du sort. Il a manqué cette confirmation finale du redressement vosgien.

Onzième : Villard-de-Lans. Un petit sentiment de déjà-vu dans le Vercors. Encore une fois, les Ours ont connu des soucis au démarrage. Ils étaient encore sous la barre après treize journées et ont souffert avant d'assurer leur qualification. Ils l'ont obtenue grâce à un bon mois de décembre où ils ont resserré les lignes, avec un Pascal Favarin retrouvé et un Christopher Lepers qui s'est affirmé en patron des lignes arrières.
Cette amélioration défensive était indispensable, car Maurice Rozenthal n'était plus là devant pour mettre son lot de buts. Cyril Papa, de plus en plus préposé aux tâches défensives dans son club d'origine, a cependant, comme bien d'autres Grenoblois avant lui, profité de sa montée sur le plateau pour s'investir de nouvelles responsabilités. Il a pu exploiter ses qualités offensives pour finir meilleur marqueur de son équipe avec 27 points et arriver aux portes de l'équipe de France. Plus généralement, Stéphane Barin s'est appuyé sur une équipe plus élargie, une des rares à faire jouer quatre lignes et à donner leur chance à autant de nouveaux joueurs en Ligue Magnus.


Douzième : Strasbourg. Si Daniel Bourdages connaît bien les filières canadiennes, il est souvent victime du revers de la médaille. Selon une triste habitude, les Strasbourgeois ont été les plus affectés par les défections de Canadiens. La vie dans une ville notoirement européenne ne convenait pas à Messieurs Arvai et Selinger. Des "enfantillages" utilisés pour justifier une fuite qui tenait lieu de "saloperie" envers l'équipe, selon les mots de Bourdages. Début février, c'était au tour de Derick Martin de repartir en Amérique. Il était excusé quant à lui par des problèmes familiaux, mais à ce stade de la saison, il ne pouvait plus être remplacé.
Son ancien collègue en junior majeur, Philippe Lacasse, est donc le seul Canadien qui ait pu faire la saison complète. Alors que son franc-parler avait peut-être nui à une carrière nord-américaine qui nécessite parfois de se compromettre avec une dose d'hypocrisie, Lacasse a fait bénéficier sa vision du jeu de sa première équipe européenne, mais il manquait un buteur pour exploiter ses passes. Ses 9 buts personnels n'étaient donc dépassés par aucun de ses collègues. Sans ce joueur-clé pour terminer le travail, Strasbourg a donné une impression d'inachevé. Rarement récompensés de leurs efforts par les résultats, les Alsaciens ont vécu une deuxième saison en Ligue Magnus plutôt morose, avec des affluences qui se sont tassées. Une nouvelle impulsion sera requise l'an prochain.

Treizième : Chamonix. Sur la foi d'une acquisition comme Riendeau, les Chamoniards se voyaient déjà en outsiders et se considéraient sous-cotés. Ils ne l'étaient pas. Le pari de faire confiance à deux jeunes gardiens sans expérience (Andy Foliot et Johan Scanff) était un peu trop risqué.
Le talon d'Achille défensif de Chamonix était trop voyant. C'est d'ailleurs pour cela que l'entraîneur Peter Hrehorcak avait décidé de ne pas abandonner la tunique de joueur compte tenu de la blessure pour la saison de Claret-Tournier. Le Slovaque pouvait encore apporter son slap, mais sûrement pas à son âge compenser la mollesse au repli d'un Tibor Schneider, pourtant vu parfois à ses côtés en jeu de puissance.
Cela ne se passait pas mieux à l'intérieur du groupe. Hrehorcak,t désavoué par la majorité de ses coéquipiers, était remplacé par un triumvirat Charlet/Aimonetto/Kevorkian... tout en restant à leurs côtés comme joueur et entraîneur des juniors... Un demi-changement qui ne fonctionnait pas mieux et qui se traduisait par la mise à l'écart définitive, seule solution envisageable dans ce cas.
L'équipe avait besoin d'un apport extérieur et trouvait un rare entraîneur disponible sur le marché, Allan Jacob. Le Canadien devait remobiliser des joueurs psychologiquement atteints et/ou dispersés sur et hors de la glace. Il atteignait son objectif in extremis au cinquième match du barrage de maintien et y gagnait un contrat de trois ans.

Quatorzième : Caen. L'effectif déjà maigrelet s'est vite réduit comme peau de chagrin. Ce sont les difficultés d'un coaching exigeant quand il existe une échappatoire. Les joueurs cloués au banc par Rodolphe Garnier ont préféré se soustraire à la punition en quittant le club (Pépy) ou en se repliant sur l'équipe-réserve (Bennett). Une réserve dont le coût a été un objet de débat puisqu'il avait été mentionné par Garnier comme explication de l'impossibilité de recruter un défenseur supplémentaire. Le président Pascal Lemasson a du coup été obligé de répéter toute la saison qu'il n'y avait pas de corrélation financière là-dedans.
La constitution de l'effectif relevait de toute manière de la quadrature du cercle. Caen n'a pas les moyens d'un dépistage convenable et préfère garder ses étrangers moyens que de courir le risque de trouver pire... comme ce fut le cas avec le désespérant Jozef Liska.
Il est difficile d'espérer rester en Magnus avec des meilleurs marqueurs (Prosvic et Nemcicky) à 17 points en incluant généreusement les barrages de maintien. Ce n'est pas la défense réduite au strict minimum, obligeant même le capitaine Luc Chauvel à reculer à l'arrière, qui risque de compenser ce déficit offensif.
La montée était peut-être venue un ou deux ans trop tôt pour une génération pas encore mûre. Il s'agit maintenant d'en conserver l'essentiel, car la D1 présente d'autres difficultés : non plus la complexité du recrutement, mais l'attractivité moindre pour les jeunes talents qui peuvent être tentés par le départ.
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